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À contempler villes, chasteaux, cités,
Unes montant en grand prééminence, Autres tombant en basse décadence :
Là peut choisir en ruines gisantes,
Troye et Mède, jadis cités puissantes.
Rome elle vit : théastres, collisées,
Tous desrompus, et médailles brisées,
Où empereurs et chefs des créatures Souloient manger, étoient fange et ordures ‘.
Paix, qui jadis en ce lieu habita,
Prit à pleurer; car Pitié l'incita,
Disant ainsi : « Pauvre cité méchante,
Aux jours heureux qu'en toi fus demeurante, Et que Justice en droit tu honoras,
De bien en mieux régnas et prospéras.
Mais Injustice avec Dissension
M'en mirent hors, alors qu'Ambition
Voulut semer, au clos de tes murailles, Conjurements et civiles batailles. »
Ces mots finis, par estranges climats
Vit s'élever bruymes et frimas,
Qui procédoient d'un vieux gouffre aquatique, Prenant son cours de mer Adriatique,
Dessus lequel, par hautaine devise,
Fondée fut la cité de Venise,
En qui trouva cinq très-laides chimères,
Filles d'enfer , et de tous vices mères ;
Jean Marot , dont le véritable nom est, dit-on, Jean Desmarets , naquit au village de Matthien, près de Caen, en 1457, selon les uns, en 1465, selon les autres. Ses parents s'élant peu occupés de lui donner de l'éducation, Marot voulut y suppléer en étudiant et par d'excellentes lectures : il apprit l'histoire, la fable et les productions des poëtes ; le célèbre Roman de la Rose devint la lecture favorite de Jean Marot. Il voulut ètre poëte à son tour :
plus prompte encore que le temps à détruire, ont inspiré à M. de Lamartine la belle strophe qu'on va lire :
Regarde donc, race insensée,
Les pas des générations!
Toute la route n'est tracée
Que des dèbris des nations!
Trôves, aulels, temples, portiques, Peuples, ruysumes, républiques, Sont la poussière du chemin,
Et l'histoire, écho de la tombe, N'est que le bruit de ce qui tombe Sur la route du genre humain.
Ces idées sont tristes, et pour ne pis se laisser décourager par elles, il fant répéter avec le poûte Lebrun :
Mais l’oavrage de la pensée Est immortel comme les dicus.
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Et sont leurs noms, Trahison, Injustice, Rapine, Usure, et leur mère Avarice, Avec lesquels elle vit clercs et lais,
Qui d'autrui bien hätissaient leurs palais :
Mais, lorsque Paix se voulut approcher Près de leurs corps, eussiez vus desmarcher Ces monstres faux criant parmi leur ville, Comme Lombards de qui la robe on pille.
Paix, non voulant user de violence,
Se retira, sçachant que résidence
A telles gens ne lui est coustumière ;
Car tout ainsi que l’ombre et la lumière
Ne se pourroient ensemble incorporer ,
Avec verlu ne peut vice durer :
Par quoi en l'air ses aisles ébranla,
Laissa Venise, en France s’en alla,
Où prit séjour, y voyant sans faintise,
Sa sœur Justice en thrône d'or assise.
Puis regarda par bois, villes et champs,
En seureté courir loyaux marchands :
Laboureurs vit repaistre en leurs maisons, Sans crainte ou peur , plus fiers que gentilshoms. Pius là pilloient cordeliers, moines, carmes, Qu'aventuriers , francs-archiers ni gendarmes; Semblablement sur menues herbettes,
Vit pastoureaux garder leurs brebiettes :
Rien plus que loups ne leur menoient la guerre; Car sœurs estoient des hommes de la terre.
quelques pièces de vers agréables l'avaient déjà fait connaitre , quand il fut présenté à la princesse Anne de Bre- {agne , qui devint ja femme de Louis 11. La reine l'attacha à sa personne , comme son secretaire. Marot prit alors le titre d'écrivain et poële de la très magnanime royne de France, Anne de Bretagne. T1 reçut de sa souveraine l'ordre de suivre, en qualité d'historiographe, en Italie, le roi Louis XII, dont il célébra, en effet, les expéditious de (rênes et de Venise, dans deux poëmes où l'on retrouve facilement la vérité historique sous les fictions. A la mort de Louis XII, Marot entra au service de François L°", comme valet de chambre , et composa, en l'honneur de ce prince, un poërmne adulateur, dans lequel la noblesse, Église et le labour, c'est-à-dire la France entière, s'elforçaient de venger le roi des reproches violents que lui avaient attirés quelques impôts. On a encore de Marot deux Epitres, la première des dames de Paris au roi François Premier, élint delà les monts. Cette pièce, qui est incomplète, avait pour objet de chanter l'éclatante victoire de Marignau, gagnée par François I®r sur les Suisses, en 1515 ; la seconde, des mêmes dames aux cour. tisans de France, étant pour lors en Italie.
Parmi ses autres productions, on distingue le Doctrinal des princesses et nobles dames, où l'auteur s'occupe de tout ce qui peut leur attirer le respect, l'estime et cepen-
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