À JEANNE, PRINCESSE DE NAVARRE
U, jour de mai, que l’aube retournée Rafraischissoit la claire matinée,
Afin d'un peu récréer mes esprits,
Au grand verger , tout le long du pourpris, Me promenois par l'herbe fraische et drue , Là , où je vis la rosée épandue,
Etsur les choux ses rondelettes goutes
Courir, couler, pour s'entrebaiser toutes :
Le rossignol , ainsi qu'une buccine : ;
Par son doux chant, faisoit au rosier signe Que ses boutons à rosée il ouvrit,
Et tous ses biens au beau jour découvrit ;
* Buccine, mot francisé , du latin buccina.