‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 142 sur 914 · Pa nr Sn eS 0 Ô · texte numérisé non relu

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L'aube naissante avoit couleur vermeille, Et vous étoit aux roses tant pareille ,

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Du teint des fleurs chutes à l'environ, Sur son chef brun et en son vert giron.

Tant de joyaux , tant de nouveautés belles, Tant de présents, tant de beautés nouvelles, Bref, tant de biens que nous voyons fleurir , Un mesme jour les fait naistre et mourir :

Des fleurs le teint, ou si elle donnoit Aux fleurs le sien, plus beau que mille choses : Un mesme teint avoient l’aube et les roses ".

| Qu’eussiez douté si la belle prenoit | | | |

Jà commencoient à leurs aisles étendre

Les beaux boutons ; l'un estoit mince et tendre,

Encor tapi dessous sa coëffe verte ; L'autre montroit sa crête découverte, Dont le fin bout un petit rougissoit :

De ce bouton la prime rose issoit ;

Mais celui-ci déMmeslant gentement

Les menus plis de son accoustrement ”, Pour contempler sa charnure refaite,

En moins de rien fnt rose toute faite :

En un moment devint sèche et blesmie ?, Et n'étoit plus la rose que demie.

Vu tel meschef, me complaignis de l’âge,

Mais si des fleurs la beauté si peu dure, Ah! n’en faisons nulle plainte à nature.

Des roses l’âge est d’autant de durée Comme d’un jour la longueur mesurée ; Dont faut penser les heures de ce jour Estre les ans de leur tant brief séjour ; * Elles sont jà de vieillesse coulées,

Sans qu'elles soient de jeunesse accollées.

Celle qu’hier le soleil regardoit

Pour la choisir parmi l’épaisse nue, Du soleil mesme a esté méconnue À ce matin, quand plus n'a vu en elle

Qui me semb!a trop soudain et volage ;

Et dis ainsi : « Las ! à peine sont nées

Ces belles fleurs , qu’elles sont jà fanées. » |

Je n'avois pas achevé ma complainte, |

Qu'incontinent la chevelure peinte | | | |

Sa grand’ beauté qui sembloit éternelle.

Or, si ces fleurs un seul instant ravit,

Ce néanmoins, chacune d'elle vit

Son âge entier. Vous donc, jeunes fillettes, Cueillez bientost les rases vermeillettes , Puisque la vie, à la mort exposée,

Se passe ainsi que roses ou rosée ‘.

De si bon cœur que son cours retardoit |

Que j’avois vue en la rose brillante, Tomba aussi en chute violente Dessns la terre, étant gobe et jolie, D'ainsi se voir tout à coup embellie 4 > cession des rimes tantôt masculines, tantôt féminines, qui << est si nécessaire dans une langue où tant de mots finissent Vers charmant. par un e muet.

° Ce mot appliqué à des rosesest ridicule. | ‘Ily a de jolis détails et des vers bien tournés dans cette

pièce ; mais elle dit trop longuement ce que Malherbe a sibien c<

“Ce vieux mot est à regretter. I! blesmit veut dire : il bc | exprimé en deux vers: À

commence à pälir.

4 Voilà quatorze rimes féminines de suite qui produisent nn |

: Et rose, elle a vécu ce que vivent les roses : À mauvais effet. L'auteur connaissait pourtant la loi de la suc-

L'espace d’un matin. n à

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