‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 155 sur 914 · IPS S SIT SO TN SD PET OT ÉD SD OS OS D OO S TETE PTT ÉTS · texte numérisé non relu

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SEIZIÈME SIÈCLE. nn

Et du lion, pour vrai, ne s’est gaudi :

Auquel a dit : « Tais-toi, lion lié, Par moi seras maintenant délié :

Secouru m'as fort lionneusement ‘ ; Or secouru seras rateusement. »

Lors le lion ses deux grands yeux vestit, Et vers le rat les tourna un petit,

En lui disant : « O pauvre verminière !

Tu n’as sur loi instrument, ni manière ;

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Adonc le rat, sans serpe ni cousteau , Tu n'as cousteau , serpe, ni serpillon, é Y arriva joyeux et ébaudi, Qui sçüût couper corde, ni cordillon ; des couplets satiriques intitulés les j'ai vu, qu'on lui attri- Certain croquant, avec douce manière, xA buait, a décrit en vers sa prison et les circonstances de son ar- Du nouveau gite exaltait les beautés, cle restation : Perfection, aise, commodité. à

Or ce fut donc par un matin sans faute, En beau printemps, un jour de Pentecôte, Qu'un bruit ctrange en sursaut m'évelllo.

Je vis paraître au bout de ma ruelle, Non uu pigeon, non une colombelle,

Mais vingt corbeaux de repine affamés, Monsires crochus que l'enfer a formés;

L'un près de moi s'approche en sycophante ; Un maintien doux, une démarche lente,

Un ton cafard, un compliment flaliteur , Cachent le flel qui lut ronge le cœur.

« Mon fils, dit-il, la cour sait vos mérites; On prise fort les bons mots que vous dites, Vos petits vers et vos galants écrils,

Et comme ici tout travail a son prix,

Le roi, mon flis, plein de reconnaissance, Veut de vos soins vous donner récompense, Et vous accorde, en dépit des rivaux,

Ua logement dans un de ses châteaux.

Les gens de bien qui sont à votre porle

Avec respect vous serviront d’escorte;

Et moi, mon flls , je viens, de par le rot, Pour m’acquitter de mon pelit emplol. »

— « Trigaud, lui dis-je, à mol polut ne s'adresse Ce beau détour : c'est me jouer d’un tour.

Je ñe suis point rimeur suivant la Cour,

Je ne connals roi, prince, ni princesse,

Et si tout has je forme des souhaits,

C'est que d'iceux ne sois connu jamais,

Je les respecte: tls sont dieux sur la terrc; Mais ne les faut de trop près regarder ;

Sage mortel doit toujours se garder

De ces gens-là qui portent le tonnerre.

Partant, vilain, retournez vers le roi :

Dites-lui fort que je le remercie

De son logis : c’est trop d'honneur pour mot; 1] ne me faut tant de cérémonie;

Je suts content de mon bouge, et les dieux Dans mon taudis m'ont fait un sort tranquille; Mes blens sont purs, mon sommell est facile, J'ai le repos : les rois n’ont rien de mieux. »

J'eus beau précher, et j'eus beau me défendre, Tous ces messieurs, d’un air doux et bénin, Obligeamment me prirent par la main :

« Allons, mon fils, marchons. » Fallut se rendre, Fallut partir. Je fus bientôt conduit,

En coche clos, vers le royal réduit

Que près Saint-Paul ont vu bâtir nos pères

Par Charles Cinq. O gens de bien, mes freres, - Que Dieu vous gard’ d’un parell loyement !

J'arrive enflo dans mon appartement.

«a Jamais Phebus, dit-i1, dans sa carrière, De ses rayons n'y porta la lumière;

Voyez ces murs de dix pieds d'épaisseur :

Vous y serez avec plus de fraicheur. »

Puis me fesant admirer la clôture,

Triple est la porte et triple la serrure, Grilles, verroux, barreaux de tous côtés :

« C'est, me dit-1l, pour votre sûreté! »

Midi sonnaut, uu chandeau l'on m'apporte; La chère w’est délicate nt forte.

De ce beau mels je n'étais point tenté, Mais on me dit : « C'est pour votre santé, Mangez en paix, ici rien ne vous presse. »

RSI

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