FERRER
Me volci donc en ce llen de détresse,
Embastillé, logé fort à l’étroit,
Ne dormant point, buvant chaud, mongeant froid, Trabli de lous, mème dans ma tendresse.
O Marc-René*, que Caton le censcur
jadis dans Rome eût pris pour successeur, O Marc-René, de qui la faveur grande
Fait {ci-bas lant de gens murmurer,
Vos beaux avis m'ont fait claquemurer :
Que quelque jour le bon Dieu vous: le rende!
| On retrouve dans ces vers toute la finesse et l'ironie mor-
oo dante que Voltaire a semées à pleines mains dans ses poésies où légères. .
M. de Sainte-Beuve, en citant les vers suivants de Chaulieu cho adressés à Voltaire : AL Pour vous, successeur de Villon, À Le
Dont la muse toujours aimable, etc.
| trouve, avec raison, des traits de famille entre certains vers <h de l'épître du vienx poûte et certains vers de la pièce de Vol- je taire que nous venons de citer. Voici ce que dit, eneflet, <> Villon ea finissant : :
Tel luy soit Dieu ce qu’il m'a été; e N'est-ce pas là ce vers :
Que quelque jour le bon Dieu vous le rende! } du roi de la poésie au dix-huitième siècle? de
On doit ajouter qu'il y a, dans la pièce de Voltaire, àlafois °° du Villon et du Marot; de même qu'il y a, dans Marot, la grâce >! maticiense, et dans Villon la licence plus que poétique de pen- un sée et d'expression, qu'on retrouve parfois dans certaines œu- % vres de Voltaire. À
’ Ces deux adverbes, fabriqués par Marot, font un effet .. comique. ‘
* Morc-lenèé Le Voycer d'Argenson, alors lieutenant de police. ee
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SEIZIÈME SIÈCLE. 139 : Pour me jetter de cette étroite voie " : Assez longtemps, mais il le vous rongea ee Va te cacher, que le chat ne te voie. Souvent , et tant, qu’à la parfin tout rompt : : ë — Sire Lion, dit le fils de souris, Et le lion de s’en aller fut prompt, ce De ton propos, certes ,je me souris : Disant en soi : « Nul plaisir en effet
J'ai des cousteaux assez , ne te soucie, Ne se perd point, quelque part où soit fait. » De bel os blanc, plus tranchans qu’une scie : Voilà le compte en termes rimassez :
Leur gaine c’est ma gencive et ma bouche : Il est bien long, mais il est vieil assez,
Bien couperont la corde qui te touche Témoin Ésope, et plus d’un million.
De si très-près : car j'y mettrai bon ordre. »
Or viens me voir , pour faire le lion;
Lors sire rat va commencer à mordre Et je mettrai peine, et sens, et étude
Ce gros lien ; vrai est qu'il y songea D'estre le rat, exempt d’ingratitude ‘.