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S'il faut nombrer quelque temps, le bon homme
Ne compte point par les consuls de Rome, Mais seulement connoil les ans passés, Aux fruils qu'il a d'an à autre amassés.
Quand son jardin verd et fleuri devient, Il connoît bien que le printemps revient, Et aux fraits mûrs l’automne il certifie :
Voilà son art et sa philosophie.
Il voit lever et coucher le soleil
Au même lieu de son somme et réveil, Et est le dos du rustique séjour
Son zodiaque où mesure le jour.
Tel chène est or au champ grand et superbe
Qu'il lui souvient avoir vu être en herbe, Et les forêts a va plantes menues,
Qui, quant et lui, sont vieilles devenues.
Non plus connoît sa voisine Véronne Qu'il fait Memphis que le Nil environne :
Et tant lui est le prochain lac de Garde Que la mer Rouge , et d’y aller n'a garde.
Ce néanmoïns le temps et ses efforts N’ont affoibli ses membres sains et forts, Et ses neveux voyent en l'âge tiers
Mellin de Saint-Gelais, fils d’un poêëte distingué, naquit en 1491. Son père, Octavien de Saint-Gelais, ne négligea rien pour lui donner une éducation libérale. Mellin embrassa l’état ecclésiastique. François I:", auprès de qni les talents étaient une recommandation puissante, : lui accorda l'abbaye de Notre-Dame-des-Reclus, de l'or- % dre de Citeaux, dans le diocèse de Troyes, et le nomma aumônier de Henri IT, alors dauphiu. Lorsque ce prince © fut monté sur le trône, Mellin de Saint-Gelais joignit à % son premier titre celui de bibliothécaire du roi. Mellin + mourut en 1558, et fut inhumé dans l'église Saint-Thodl mas-du-Louvre, à Paris.
Le Ce poëte était peu propre à traiter des sujets relcvés : Y mais il excellait dans la poésie érotique. Il poussa même l'esprit de galanterie jusqu'à faire des vers sur des livres % d’Heures, sur un Psautier et sur les tableaux de quelques + saints. Outre ses rondeaux et ses sonnets, Mellin nous a
laissé quelques ouvrages en prose, parmi lcsquels se trouve 4 une tragédie de Sophonisbe, traduite du Trissin. 1] n'y a % que les chœurs de cette pièce qui soient traduits en vers. ae Plusieurs écrivains ont prétendu que Mellin de Saint- Gelais voyait avec jalousie que d'autres poëtcs partageas- + sent à la cour la gloire ct l'estime qu'il croyait seul méri- + ter. Cette opinion nous parait d'autant moins fondée qu'il était l'ami intime de Clément Marot, qui seul aurait pu lui donner de l’ombrage. Vainement les détracteurs de > Mellin citent, comme une espèce de preuve de leur assertion, les vers suivants de Ronsard :
299000 Con nn( Dent Dent ee nn en nc 0 0 0 .
Préserve-mol d’infamlie, De toate langue ennemie
To te plains, ami, grandement Qu’en mes vers j'ai loué Clément, Et que je n’ai rien dit de toi :
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