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célèbre que celle de Roland, et pourtant elle s’est perdue , comme celle d'Ogier, d'Olivier, de Roger et autres héros. Le ménestrel Taillefer entonna toutes ces chansons à la bataille d'Hastings ; les Normands marchèrent à l'ennemi en les chantant , et les reprirent en chœur après la victoire.Celle de Roland étaitencore d'usage sous le roi Jean, qui, l'entendant chanter par quelques soldats, s'écria, dans un accès de mauvaise humeur, que depuis longtemps on ne voyait plus de Rolands parmi les Francais : « Sachez, » Sire, lui répondit un vieux capitaine, que vous » ne manqueriez pas de Rolands, si les soldats » voyaient un Charlemagne à leur tête. »
La chanson badine était beaucoup moins ancienne ; son charme consistait dans la naïveté, la gràce , le sentiment , dans les vives et fraiches peintures du printemps, que les trouvères excellaient à décrire : aussi abusaient-ils de ce talent, et presque toujours leurs chansons débutaient par un lieu-commun sur le retour de la verdure et du rossignol. Le comte de Champagne se moquait de cette uniformité, en disant que les feuilles et les fleurs ne servaient qu à ceux qui ne savaient pas inventer autre chose.
On chantait à table , et le poëme des Déduits de la chasse nous apprend que ceux qui voulaient s’en défendre étaient mème condamnés à chanter les premiers ; mais la chanson bachique, destinée à célébrer le vin et le verre, n'existait pas : on ne célébrait que l'amour , comme l'atteste une chanson de table, du roman du CAüteluin de Coucy.
Parmi les diverses formes de poésies chantées, le Lay tenait l'une des premières places. Ce petit poëme, composé de stances régulières , était ce que nous appelons aujourd'hui romance. Il se chantait avec accompagnement de harpe, et les anciens potes le placaient ordinairement dans la bouche du héros dont ils écrivaient l’histoire. Certains fabliaux, comme celui de Graalent, dont l'auteur est Marie de France, prenaient le nom de /ay, parce qu'ils étaient chantés. Le luy parait avoir été inventé en Angleterre ; les trouvères anglo-normands l'apporterent en France, où il subit bientôt de nombreuses variations. Le sirvente, dont nous avons dit quels furent l'emploi et la fortune en Provence, était oricinaire de Picardie, et se répandit rapidement dans toute la France. Les trouvères connais-
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