‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 18 sur 914 · CR de · texte numérisé non relu

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taient plus là les maitres de la gaye science.

La Provence avait ses cours d'amour; la Normandie , la Picardie, la Flandre, eurent leurs puys et leurs gieux sous l’ormel, Le nom de puys venait de ce que, dans ces assemblées , les potes lisaient leurs productions sur un théâtre ou lieu élevé, nommé, en basse latinité, podium. Le chapelde roses servait de prix au vainqueur. Plus tard, vers le quinzième siècle, le palinod remplaca tous les autres exercices littéraires, et ouvrit aux beaux-esprits une carrière plus vaste. La Normandie cita avec orgueil les palinods de Caen, de Dieppe, de Rouen ; la Picardie , ceux de Beauvais et d'Amiens; l'Artois et la Flandre, ceux d'Arras et de Valenciennes. Ces réunions commencaient, en général, au mois de mai, et se tenaient en plein champ, sous un ombrage de verdure. Le palinod de Caen ou puy de la Conception se tenait, au contraire, le 8 du mois de décembre, jour de la Conception de la Vierge , en l'honneur de laquelle toutes les pièces devaient être composées.

Plusieurs genresde poésie furentcommunsaux troubadours et aux trouvères; mais aux troubadours la chanson dut son perfectionnement. Chrétien de Troyes et Auboin de Sézanne passent pour avoir les premiers reproduit les formes employées par les Provencaux ; Thibaut, comte de Champagne et roi de Navarre, les surpassa dans cette imitation. Jeune encore, il fut chargé de pacifier les différends survenus entre les comtes de Montfort et de Toulouse. Cette mission lui permit d'étudier les rhythmes variés des maitres de la gaye science , et la souplesse de son génie de se les approprier. Il suivit par instinct, mais sans l'observer toujours, la règle du mélange des rimes masculines et féminines, qui ne recut que longtemps après force de loi.

L'origine de la chanson militaire remonte à celle de la nation; on l’appelait chanson de geste (du latin ges{us), parce qu'elle retracait des faits historiques et célébrait des exploits guerriers. Sidonius Apollinaris, qui nous a conservé la chanson de Clotaire If, dit qu'elle fut chantée à pleine voix (#7agnû vociferalionc) dans tout le royaume. Charlemagne avait fait recueillir tous les anciens chants qui consacraient la mémoire et les grandes actions de ses prédécesseurs. Il les savait par cœur et se plaisait à

lesrépéter. Aucune chanson guerrière ne fut plus

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