‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 191 sur 914 · LE PASSAGE DE CARON · texte numérisé non relu

LE PASSAGE DE CARON

L'ombre uoircit des monts les cimes attristées:

Per l’orage et les vents sout-elles ogliées ?

Ce ne sont ni les vents, ni le cicl orageus,

Qui portent la tristesse à leurs fronts sourcilleus.

Caron posse les morts qu’a surpris sa poursuite,

Les jeunes à leur tête et les vieux à leur suite ;

Et de tendres enfants |} entraine un concours.

Jamais il pe s’arrêle aux suppliants discours.

Jeunes, vieux Jui crislent: « Caron, suspens tes courses

Près d’un rlant village et des limpides sources.

— Non, le viu charmerait les vieillards réjouis ;

Les amours et le disque amuserolent leurs flis,

Et les enfants joueraient sur l’émail des prairies.

En puisant l'onde aux bords qui mc rolentiraient,

Sur des berceout fleuris leurs mères les verraient ;

Les frères, les époux, les femmes attendries,

Se reconnaissant tous, me vlendraient implorer ,

Si dans vos frais hameaux, près des cloires foutaines, Je les laissals se rencontrer;

Et les couples aimants tiennent par tant de choînes Qu’on ne peut plus les séparer. »

Cc sont là des idées de la Grèce antique, mais elles semblent avoir été embellies par la riante imagination du cygne de Cambrai , qui tenait à l’laton par affinité de génie.

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SLIZIÈME SIÈCLE. 165

Chasser un qui venoit lui présenter un livre, Afin de retenir un bouffon près de lui,

Et se moquant de ceux qui se plaisent à lire,

Dire publiquement qu'un bouffon le fait rire,

Et qu'un homme sçavant ne lui donne qu'ennui'.

Les sçavans, aujourd’hui, sont tous mis à mépris, Et les grands au sçavoir ne daignent plus attendre ; Les bouffons seulement ils se plaisent d'entendre, Et ceux qui font service au métier de Cypris.

J'ai vu ce grand guerrier, qui prestre ore veut vivre,

SONNET. x

Savez bien longuement un seigneur aujourd’hui, | Vous perdez votre temps, votre bien, votre peine, Dépensez votre bien à lui faire service, Et ne vous reste rien, qu’une promesse vaine, Corrompez, en servant, la vertu pour le vire, Et un vain souvenir d'avoir fait le devoir *. pe

Et soyez attaché nuit et jour près de lui; x

‘ Le début de la seizième idylle de Théocrite contient des

Pour lui donner plaisir, donnez-vous de l’ennui; Sans nul respect à vous, servez-le en tout office ; Adonnez-vous aux jeux dont il fait exercice,

plaintes éluquentes sur l'abandon dans lequel les Muses et leurs favoris étaient lombés. On ne peut pas appeler sur soi d'une manière plus noble les bienfaits d'un prince, et toutefois le poëte n'en a pas moins l'air de mettre à prix l'iimmor-

Et ne demandez rien pour vous ni pour autrui : Lalité que sa muse proinct.

* La vanité de la faveur et les ennuis de l'esclavage qu'elle. % impose à ceux qui vivent dans les cours ct consacrent leur existence à servir les grands, sont vivement exprimés dans un passage de l'épisode d'Herminie, au septième livre de la Jerusalem delivrée du Tasse.

Continuez longtemps, pour quelque bien acquerre, À le servir ainsi; puis cassez quelque verre, Ou faillez d’un seul mot, vous perdez votre espoir.

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