LA NOBLESSE
Masse cest estat, que nos antiques rois Avoient auctorizé par sus les autres trois,
Est le moindre des quatre, et la tourbe civile De noble l’a rendu souffreteux et servile.
Et puis on s’esbahit de ne voir avjourd'huy
Le gendarme françois ressembler à celuy
Qui seul faisoit trembler le reste de la terre, Et se pouvoit nommer nourrisson de la guerre.
‘ Ces vers sont imités du qnatrième livre de Virgile, et quelquefois avec une fidélité pleine de bonheur. Voici le même passage traduit par Delille :
Ainsi, quaud des fourmis la diligen‘e armée,
Des besvins de l'hiver prudemment ularmée,
Porte à ses magaslus les trésors des silluns,
Leur foule au loin s'empresse, et leurs uoirs batatilons Por un étroit seutier s’avapçant sous les herbes, Entrainent à l'envi les dépouilles des gerbes;
L'une conduit la troupe et trace le chemin;
L'autre, nou sacs effort, pousse un éuorme grain; Celle-ci des traineurs réprime la paresse.
Pour le bteu de l’état, tout agit, tout s'empresse;
Tous ont leurs soins, leur täche et leurs emplois divers, Et d’ardeuts travailleurs les sentiers sont couverts.
Tous les autheurs sont plains, tant latins que gréjois, De la vertu gauloise et gestes des François, Lesquels, s'ils eussent eu pour conserver leur gloire Le fidèle secours de quelque belle histoire , Surmonteroient tous ceux qui sont en plus haut pris, Pour estre seulement plus doctement escripts ?.
Or si, comme l’on dit, toutes choses retiennent Le propre et naturel du lieu dont elles viennent, Si le fort vient du fort, le cheval vigoureux
4‘ 1lest coræux de voir, dans une épitre adressée à un roi par son sujet, un si tendre intérêt pour le peuple et de si sages conseils. Au dix-septième siècle, les poûtes ne disaient rien de pareil à Louis XIV.
211 y a du Corneille dans ces vers. Napoléon partageait l'opinion de du Bellay ; il pensait que la gloire des Grecs avait été siugulièrement exagérée par le génie de leurs poëtes et de leurs historiens; il se plaignait de ce que la France n'avait pas trouvé de pareils chantres de toutes les grandes choses qu'elle a faites. Aucune nation peut-être n'égalcrait la nôtre en renomruée, si les grands talents qu'elie a produits eussent consacré