‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 210 sur 914 · PT ET É · texte numérisé non relu

PT ET É

ugeant la faveur te commande, Si, corrompu par or ou par présens, Tu fais justice au gré des courtisans ; Ne doute point que Dieu ne te le rende *.

A vec le jour commence ta journée ,

De l'Eternel le saint nom bénissant ;

Le soir aussi ton labeur finissant ; Loue-ie encor, et passe ainsi l’année.

Dans le pourpris de cette cité belle,

Dieu a logé l’homme comme en lieu saint ; Comme en un temple où luy-mesme s’est peint, En mille endroits, de couleur immortelle.

Il n’y a coin si pelit dans ce temple

Où la grandeur n’apparoisse de Dieu ?; L'honime est planté justement au milieu, Afin que mieux partout il la contemple.

‘ Le sens est facile à comprendre, mais l'expression manque de justesse.

* Encore aujourd'hui, ces vers, malgré les fautes qui s'y trouvent, ont du mérite.

Il ne sauroit ailleurs mieux la Cognoistre Que dedans soy, où comme en un miroir, La terre il peut et le ciel mesme voir ;

Car tout le monde est compris en son estre.

Ce que tu vois de l’homme n'est C’est la prison où il est enserré, C'est le tombeau où il est enterré,

Le lict branlant où il dort un court somme.

pas l’homme,

L'oiseleur caut se sert du doux ramage Des oisillons, et contrefait leur chant; Aussi, pour mieux décevoir, le meschant Des gens de bien imite le langage .

L'homme de sang te soit toujours en haine ; Hue sur luy comme fait le berger Numidien sur le tygre léger

Qu'il voit de loin ensangianter la plaine.

Plus n'embrasser que l'on ne peut estraindre ;

‘ Ce quatrain a quelque ressemblance avec certains vers de La l'ontaine.

D 0 000e Ce ane pen nn nn out 0 G Ô Û

Aux grands honneurs convoiteux n’aspirer ; User des biens et ne les désirer ; Ne souhaiter la mort et ne la craindre.

À l’envieux nul tourment je n’ordonne ; ll est de soy le juge et le bourreau '; Et ne fut onc de Denys le taureau, Supplice tel que celuy qu’il se donne.

La calomnie en l’air n’a résidence,

Ny sous les eaux, ny au profond des bois; Sa maison est aux oreilles’ des roys,

D'où elle brave et flestrit l’innocence.

De léger croire, et soudain se résoudre ; Ne discerner les amys des flatteurs;

Jeune conseil et nouveaux serviteurs

Out mis souvent des royaumes en poudre *.

Gui du Faur de Pibrac naquit à Toulouse, en 1529. Son père, Pierre du Faur, président au parlement de celte ville , l'envoya faire ses études à Paris. Le célèbre Brunel fut chargé de lui apprendre le grec et le latin, et Cujas le droit. Pibrac passa ensuite en Italie. Après avoir écouté les leçons du célèbre Alcyat , professeur de droit à Padoue, il revint à Toulouse en 1548 , entra au barreau , et y obtint de brillants succès. Plus tard, le roi le nomma conseiller au parlement et ensuite juge - mage. Après la mort de François I<", il eut l'honneur d’être député aux états d'Orléans par le tiers-état du Languedoc. En 1562, Charles IX le choisit pour l’un de ses ambassadeurs au concile de Treute. Il y défendit avec éloquence les droits de la couronne et les libertés de l'Eglise gallicane.

Appréciateur de ses talents et de son mérite, le chancelier de l'Hôpital lui fit donner, en 1565, la charge d'avocat général au parlement de Paris, et en 1570 Charles 1X l'appela près de lui comme conseiller d'état. Les Polonais ayant élu roi le duc d'Anjou , Pibrac suivit le prince dans son nouveau royaume , et répondit à toutes les hbarangues qui furent adressées au souverain après la mort de Charles IX, Pibrac revint en France avec Heaori III , et reprit ses fonctions de conseiller d'état. Il ue tarda pas à ètre fait président à mortier. Les chagrins que lui inspiraient les troubles de l'état lui causèrent uae

‘ Ces quatre vers sont excellents.

? Ces vers rappellent un beau trait d'Florace, dans la pièce où il demande à rentrer en grâce avec Tyndaris : « La colère a précipité dans l'abime la maison de Thyeste ; par les conseils de la colère, des cités superbes ont péri de fond en cemble, et un insolent ennerni a inarqué l'empreinte de la charrue sur la poussière de leurs murailles. » Liv. I, ode 23.

Ris, si tu veux, un ris de Démocrite, Paisque le monde est pure vanité,

Mais quelquefois, touché d'humanité, Pleure nos maux des larmes d'Héraclite '.

Ne voise au bal qui n’aymera la danse, Ny au banquet qui ne voudra manger ; Ny sur la mer qui craindra le danger;

Ny à la cour qui dira ce qu'il pense.

Hair le vray , se feindre en toutes choses; Sonder le simple à fin de l’attraper ; Braver le foible et sur l’absent draper, Sont de la cour les œillets et les roses.

Je ne vis onc prudence avec jeunesse , Bien commander sans avoir obéi, Estre fort craint et n’estre point haï, Estre tyran et mourir de vieillesse ?.

maladie de langueuor dont il mourut le 25 mai 1584, à l'âge de cinquante ans.

On a de lui: Recueil des points principaux des deux remontrances faites en la cour, à l'ouverture du parlement de 1569, arec quelques autres de différents auteurs: — Traduction d'une Épitre latine d'un excellent personnage de ce royaume : c'es la fameuse apologie de la Saint- Barthélemi ; — Discours de l’ Ame et des Sciences ; — Recueil de plusieurs pièces, etc. ; — Poëme sur les Plaisirs de la vie rustique, opuscule de quatre cents vers, et que la douleur de la perte d'un fils chéri empécha Pibrac de terminer ; — la Description de l'Entrée de Charles IX à Paris, composée de quatre sonnets; — enfin Cinquante Quatrains contenant préceptes et enseignements utiles pour la vie de l’homme, composcs à l'imitation de Phocitlides, Epicharmus et autres poëtes grecs.

A ces cinquante quatrains l'auteur en ajouta soixanteseize , ce qui fait en lout cent vingt-six. Le succès de ces quatrains fut prodigieux ; on les traduisit dans toutes les langues : les Turcs, les Arabes et les Persans se les sont appropriés. Montaigne se plait à les citer , en regrettant la per'e du bou M. de Pibrac, qui avait, dit-il, un esprit si gentil , les opinions si saines, les mœurs si douces. Montaigne avait raison. Dans un certain nombre des quatraius de Pibrac, l'élévation de la morale , la force et la beauté du sens , tirent parfois un nouveau prix de la simplicité de l'expression ou de sa grandeur naïve, qui perdrait quelque chose à être plus maguifiquement ornée.

‘Il y a une expression du cœur dans les deux derniers vers,

3? Tous les traits portent coup dans ces quatre vers, dont chacun mérite d'être cité comme l’un de ces proverbes que l'on appelle la raison du peuple.

RER

D 000 0 € en nn me 0 0 0 006

D 0O0D000002L nn 0 000 0060DD0

0 00 002000 DR ns eo 00000 0 00 E

ZA DLREDS DDR DST SSD TD ETATS RES 1111 6

200000090000 0000 0000020 02 0000000 af

OO RÉ OC CE D nee CE nt Ce CC nn ne Due Du D

006000000906 00020000 020 000002000000 0002808 € ee

Page 1