‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 209 sur 914 · LA PAIX · texte numérisé non relu

LA PAIX

En pitié regarde-nons, D'un æil doux.

Que, sous ta main que j’honore, Au soir l’épi se redore!

Viens, plus gracieuse encor Que n’est l’estoile qui guide Le soleil, quand par le vuide Il étend son crespe d’or!

Que le ciel, à ta venue, Epanche une douce nue De parfums et de senteurs, Et d’odeurs, De miel, de manne sucrée, Tant , que la France enivrée Soit grosse d’un beau printemps, D'un printemps qui toujours dure, Et qui surmonte l’injure Et les échanges du temps !

Sois donc, Seigneur, la défense Et le rempart de la France, Nourrissant otre grand roi

En ta loi,

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Pour le dresser en la voye, Comme Apollon, devant Troye, S’avançoit devant Hector ’.

fe Et que sous ta main maistresse se Croisse sa tendre jeunesse, NS Lui servant de guide encor

Remi Belleau naquit à Nogent-le-Rotrou, en 1528, et nisme. Lors de la prise de Poitiers par le maréchal de © fut un des sept membres de la pléiade française. Il s'atta- | Saint - André, en 1562, la religieuse échoit en partage à cha de bonne heure à René de Lorraine, marquis d'El- | uu capitaine qui la reconduit à Paris et la rend au catho- - beufet général des galères françaises, qui l'emmena en | licisme.

% Jtalie avec lui, lors de son expédition à Naples, et lui con- Au temps de Régnier , la réputation de Belleau, qui, + fa, plus tard, l'éducation de son fils, Charles de Lor- | de son vivant, avait été des plus brillantes, avait rapide- + raine, depuis duc d'Elbeuf et grand écuyer de France. ment décliné. Dans sa neuvième satire , Régnier dit : On trouve dans ses œuvres un recueil intitulé : les Amours et nouveaux eschanges de pierres précieuses : certus et propriétés d'icelles, publié en 1576, un an avant

© sa mort. Cet ouvrage, assez élrange et plein de l'esprit recherché des Italiens, est pourtant celui qui fonda la réputation de Remi Belleau. Ronsard, qui appelait ce poûte

le peintre de la nature, fait mention de cette production dans l’épitaphe suivante :

Bclleau ne parle pas comme on parle à la ville; Il a des mots hargneux, bouflis et relevés, Qui du peuple aujourd'hui ne sont pas approuvés.

Remi Belleau mourut en 1577.

* On lit, dans une pièce de Béranger qui a pour titre /a $ainte- Alliance des peuples :

Ne talllez, mains industrienses, Des pierres pour couvrir Helleau; Lui-mesme a basti son tombeau Dedans ses Pierres précieuses.

J'ai vu la paix descendre sur la terre, Semant de l'or, des fleurs et des épis.

L'air était calme, et du dieu de la guerre Elle étouffait les foudres assoupis. « Ab! disait-elle, égaux par la vaillance, Français, Anglats, Belge, Russe ou Germain, Peuples, formez une Sainte-Ailiance,

Et donnez-vous ls main,

Scévole de Sainte-Marthe fait en ces termes l'éloge du mème ouvrage :

d'a AU PEUPLE DE FRANCE. » Pauvres mortels, tant de hsaïne vous lasse!

Vous ne goûtez qu’un pénible somuwmeil.

D'un globe étrolt divisez mieux l’espace; Chscun de vous anra place au soleil.

Tous attelés au chor de la puissance, Du vrai bonbeur vous quiltez le chemin.

Peuples, formez une Saiute-Alliance,

Et donnez-vous la malu.

Ne Cessez de reprocher aux vierges plérides

Le La pauvreté qui suit leurs doctes nourriçons,

'a Et qu'en vous repsissant du vent de nos chansons, Le seul vent à bon droit repalt nos bouches vuides.

Voyez Belleau, l’honneur des bandes aonides, Qui ses thrésors déplole en cent mille façons, Vous blenheurant tci de tous les riches dons

Que l'Orlent descouvre à ses rives bumides. » Chez vos voisins vous portez l'incendie :

L'aquilon souffle, et vos toits sont brûlés; Et quand la terre est enfin refroldie, Le soc languit sous des bras mutliés.

Près de la borne où chaque état commence, Aucun épl! n’est pur de sang bumalo. Peuples , formes une Sainte-Alllance,

Et donnes-vous la malo.

Si celle on prise tant dont la prodtzue maln D'un joyau distillé festoya son Romain :

Que mérite cestuy qui falt largesse telle

Non d’une perle seule, ains de joyaux divers Qu'il ne consume pas en vinsigre comme elle,

Mais au miel savoureux qui coule de ses vers? » Oui, libre enfin, que le monde respire;

Sur le passé jetez un voile épais.

Semez vos champs oux accords de la lyre; L'encens des arts doit brûler pour la paix.

L'espoir rlant, au sein de l'abondance, Accuelllera les doux fruits de l'hgmeu.

Peuples, formes une SalnicAlllance,

Et donnez-vous la malin. »

Dans ce temps-là, comme dans le nôtre, les hommes de talent étaient sujets à louer avec magnificence d'assez faibles productions. Un peu plustard, Montaigne lui-même compromettait, par de singuliers jugements, sa réputation d'homme de goût. Les autres ouvrages de Bellesu sont des traductions en vers de l'Ecclésiaste , du Cantique des Cantiques, des Odes d'Anacréon et des Phénomènes d’Aratus , qu'il appelle apparences célestes. Acteur, dit-on, daas les pièces de son ami Jodelle, il fit lui-mème une comédie intitulée la Reconnue. L'’héroïne de cette pièce est | une religieuse qui, après avoir porté le voile pendant sept D die années, sort de son couvent pour embrasser le calri- Bt donnons-nous la main.

Alnsi parlaït cette vlerge adorée,

Et plus d'un roi répétait ses discours. Comme au printemps la terre était purée; L'automne en fleurs rappelait les amours.

Pour l'éiranger coulcz , bons vins de Frante :

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