ÉPITAPHE DE MARIE
C reposent les os de la belle Marie,
Qui me fit pour un jour quitter mon Vendômois, Qui m’échauffa le sang au pins verd de mes mois, Qui fat toute mon tout, mon bien et mon envie.
En sa tombe repose honneur et courtoisie,
Et la jeune beauté qu’en l’âme je sentois,
Et le flambeau d'Amour, ses traits et son carquois, Et ensemble mon cœur, mes pensers et ma vie.
Tu es, belle Angevine, un bel astre des cieux ; Les anges, tous ravis, se paissent de tes yeux ; La terre te regrette, à beauté sans seconde!
Maintenant tu es vive et je suis mort d'ennui. Malheureux qui se fie en l'attente d'autrui!
Trois amis m'ont trompé, toi, l'Amour et le monde.
: Cette expression : « lui pendaient sur le front, » manque tout-à-fait de justesse et de goût.
s Ces trois derniers vers sont excellents.
s Encore aujourd'hui, les six derniers vers de ce sonnet ont des grâces nouvelles; ils attestent que Ronsard aurait pu devenir un modèle d'élégance et de délicatesse , sans le fatal système dont il s'était si malheureusement épris.
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Coune on voit sur la branche au mois de mai la rose En sa belle jeunesse, en sa première fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l’aube de ses pleurs au point du jour l'arrose :
La grâce dans sa feuille et l’amour se repose, Embaumant les jardins et les arbres d’odeur ; Mais battue ou de pluie , ou d'excessive ardeur, Languissante elle meurt feuille à feuille déclose.
À insi en ta première et jeune nouveauté, Quand la terre et le ciel honoroïent ta beauté, La Parque t'a tuée, et cendre tu reposes.
Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs, Ce vase plein de laict, ce panier plein de fleurs, A fin que vif et mort ton corps ne soit que roses '.
Qoann vousserezbien vieille, ausoir, àlachandelle, Assise auprès du feu, devisant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous esmerveillant : « Ronsard me célébroit du temps que j'estois belle. »
Lors vous n’aurez servante oyant telle nouvelle, Desjà sous le labeur à demy sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s’aille réveillant, Bénissant vostre nom de louange immortelle.
Je serai sous Ja terre, et, fantosme sans os, Par les ombres myrteux je prendray mon repos : Vous serez au foyer une vieille accroupie,
Regrettant mon amour et vostre fier desdain.
Vivez, si m'en croyez, n’attendez à demain :
Cueiïllez dès aujourd'huy les roses de la vie ?.
: Cette ag:éable pièce est'pleine de mélodie, et contraste singulièrement avec les autres vers où Ronsard, sans respect de l'oreille et du son , a employé tant de mots tirés du grec, sans considérer qu'ils avaient perdu toute leur harmonie dans leur métamorphose. Les mots larmes et pleurs, à côté l'un de l'autre , semblent annoncer une différence qui n'existe plus pour nous. Pleurs doit être pris dans le sens de regrets.
Le dernier vers seul sent un peu l’afféterie des Italiens.