‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 230 sur 914 · HYMNE DE · texte numérisé non relu

HYMNE DE

T'ounuenré d’Apollon, qui m’a l'âme échauffée , Je veux, plein de fureur, suivant les pas d’Orphée, Rechercher les secrets de nature et des cieux, Ouvrage d'un esprit qui n'est point ocieux :

Je veux, s’il m'est possible, atteindre à la louange De celle qui jamais par les ans ne se change,

Mais bien qui fait changer les siècles et les temps, Les mois et les saisons, et les jours inconstants, Sans jamais se muer , pour n’estre point subjette, Comme reine suprême à la loi qu’elle a faite.

Immense Éternité , la première des dieux, Seconde de mes vers l'essor audacieux,

Et fais que mes chansons, pour toi seule entonnées , Triomphent, comme toi , des jours et des années ‘.

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j'al quitté mes bruyères natales ; on vient d'abattre un bois de chènes et d'ormes parmi lesquels j'ai été élevé. Je serais tenté de pousser des plaintes, comme ces êtres magiques dont la vie était attachée aux arbres, dans la forêt enchantée du Tasse. » Cette pensée est fort agréable ; mais elle tient la place de ce qu'il

fallait dire pour peindre le serrement de cœur que nons éprou.

vons cn trouvant tout détruit ou changé dans le pays natal,

Montaigne ou La Fontaine auraient dit : « M'en croirez - vous ?

quand je ne vis plus ma chère forêt, où j'avais goûté tant de plaisir dans mon enfance et dans ma jeunesse , je me sentis sa si d'une véritable douleur, et les larmes me vinrent aux yeux. » Voilà ce qui manque dans l'élégie de Ronsard et dans ce passage de l'auteur des Martyrs.

: Personne, avaut KHonsard, n'avait eu même le sentiment de cette haute poésie dans notre langue.

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