‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 231 sur 914 · L'ÉTERNITÉ · texte numérisé non relu

L'ÉTERNITÉ

+ + + + «+ + + + . O grande Eternité, Tu maïintiens l’univers en tranquille unité !

De chaisnons enlacés les siècles tu attaches ,

Et, couvé sous ton sein , tout le monde tu caches!, Lui donnant vie et force : autrement il n'auroit Membres, âme ni vie, et sans forme il mourroit.

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Quandtes loix , au conseil, l'état du mondeordonnent, En parlant à tes dieux qui ton trosne environnent, Trosne qui de régner jamais ne cessera,

Ta bouche ne dit point , il fut où il sera :

C'est un langage humriin pour remarquer la chose : Le temps présent tout seul à tes pieds se repose, Sans avoir compagnon; car tout le temps passé, Et celui dont le pas n’est encore avancé,

Sont présents à ton œil qui d'un seul clin regarde Le passé, le présent, voire celui qui tarde,

Qui tarde quant à nous, et non pas quant à toi, Car ton æil voit toujours tous les temps devant soi.

‘ Ce beau verset les précédents, si remarquables par le fond de la pensée, rappellent un passage de Bussuet : « Mais ce grand Dieu, ce grand roi des siècles, dont nous révérons ici les promesses , étant éternel, Iimmuable, seul arbitre de tous les temps , il les a toujours présents à ses yeux , et lui seul en a marqué le cours. Comme donc le temps à venir n'est pas moins à lui que le présent, il s'ensuit que ce qu'il promet n'est pas moins certain que ce qu'il donne. » { Panégyrique de sainte Thérèse.)

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