‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 268 sur 914 · TIRÉ DES TRAGIQUES · texte numérisé non relu

TIRÉ DES TRAGIQUES

le pain;

Sous qui le laboureur s’abreuve de ses lar-

mes,

Qui laissez mendier la main qui tient les ar-

I mes ;

G) Barbares en effet, François de nom, François,

Vos fausses loix ont eu de faux et jeunes rois,

Impuissans sur leurs cœurs, cruels en leur puissance. Rebelles ils ont vu la désobéissance.

Henry, qui tous les jours va prodiguant ta vie, Pour du sein des François bannir la tyrannie, Ennemi des lyrans, ressonrce des vrais rois, Quand le sceptre des lis joindra le Navarrois, Souviens-toi de quel œil, de quelle vigilance

Tu vois et remédie aux malheurs de la France : Souviens-toi quelque jour combien sont ignorans

Ceux qui pour être rois veulent être tyrans.

Nos rois sont serfs d’un prêtre : on voit sans qu’on s'étonne La pantoufle fouler les fleurs de la couronne :

Dont ainsi que Néron, ce Néron insensé,

Escrit, en sang, ces mots que son âme a pensé :

a Entre tous les mortels, de Dieu la prévoyance M'a du haut ciel choisi, donné sa lieutenance :

Je suis des nations juge , à vivre et mourir ;

Ma main fait qui lui plaît et sauver et périr;

Par mes arrêts, j’espars, je détruis, je conserve Tout pays, toute gent, je la rends libre ou serve; J'esclave lesplus grands; mon plaisir, pour tous droits, Donne aux gueux la couronne et le bissac aux rois. »

Cet ancien loup romain n’en sçut pas davantage; Mais le loup de ce siècle a bien autre langage.

« Je dispense, dit-il, du droit contre le droit : Celui que j’ai damné, quand le ciel le voudroit, Ne peut être sauvé; j’autorise le vice;

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