D'UN PEUPLE QUI VEUT MONTER JUSQU'A LA LUNE
SATIRE. À temps qu’étoit fraîchement enfanté S'ébahissoit de l'avoir reconnue, Le monde encor non expérimenté, Une fois ronde, une autre fois cornue, Et que la gent pleine de grand’ simplesse , Puis toute pleine, en decours, en croissant, Comme à présent, n'usoit point de finesse, Puis d'autre sorte obscure apparoissant, ok Au pied d'un mont dont le chef s’élevoit Puis demener, argentine et fort belle, Bien haut en l'air, un bon peuple vivoit Autour du ciel sa course naturelle : (Je ne sais quel pour la longue isnorance, Ce peuple lors aussitôt se promet, Mais dans un val il faisoit demourance), A yant gagné du mont le haut sommet, Qui lors ayant par grand nombre de jours Qu'il peut la lune atteindre dans la nue, Bien observé la lune en tout son cours, Et voir comme elle or’ croist or’ diminue :
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SÉIZIEME SIÈCLE.
Alors chacun va quittant le vallon,
Qui prend un sac, qui prend un corbillon, Qui son panier : tons à qui mieux commencent Grimper à mont la montagne où ils pensent Voir cette lune ; et brüloit cette gent
De voir de près son visage d'argent.
Mais las! voyant qu'après avoir grimpce Cette montagne étoit la gent trompée, Etant d'en haut aussi bien que d'en bas, Chacun tomboit contre terre tout las,
Et désiroit, mais en vain, encore être