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Les vignes de raisins, Et les petits oiseaux gasouillant au murmure Des ruisseaux crystallins.
En grand’ faite accourus, autour de vous se pressent
Les héros anciens, Qui boivent le nectar, d'ambroisie se paissent Aux bords Elisiens.
Sur tous le grand Eumolpe et le divin Orphée, Et Line et Amphion,
Et Musée , et celui dont la plume échauffée Mit en cendre Ilion;
Le lonangeur Thébain, le chantre de Mantoue, Le lyrique latin,
Et, avecque Sénèque , honneur grand de Curdoue, L'amoureux Florentin .
Tous vont battant des mains, sautellent de liesse, S'entre-disant entre eux :
« Voilà celui qui dompte et l’ftale et la Grèce En poëmes nombreux! »
L'un vous donne sa lyre, un autre sa trompette ; L'autre vous veut donner
Son myrthe, son lierre et son laurier prophète, Pour vous en couronner.
Ainsi vivez heureuse, âme toute divine, Tandis que le destin
Nous réserve au malheur de la France, voisine De sa dernière fin".
poisonner avec sa famille. Garnier évila le danger; mais sa femme aurait succombé si les plus prompts secours ne lui eussent été administrés. Les coupables périrent tous sur l'echafaud. ILenri 1V, auquel on a si injustement reproché de n’avoir pas accordé aux Icttres une éclatante protection, apprécia le mérite de Garnier et le nomma conseiller d'état. Le poëte, inconsolable de la mort de sa femme, qu'il venait de perdre depuis peu, se retira au Macs, et y mourut, en 460!. à l’âge de cinquantesix ans.
Garnier s'élait proposé Sophocle pour modèle, et s'attacha surtout à reproduire la forme de la tragédie an-
‘ Cette pièce, qui sent l'état d'imperfection de la poésie du temps, ne manque pas d'images et de ppésie ; elle est remar-
quable, en outre, parce qu'elle atteste la haute renommée dont
Ronsard jouissait parmi ses contemporains.
Oa voit , par le dernier vers et par beaucoup d’autres traits épars dans leurs ouvrages, que les différents poëtes de l'époque regardaient la France comme menacée des derniers malheurs.
tique. Presque tous les chœurs de ses pièces appartiennent aa geure Îyrique , et renferment parfois des beautés d'un ordre élevé.
« Garnier, dit La Harpe, connaissait les anciens. Presque toutes ses pièces sont tirées du théâtre des Grecs ou imitées de Sénèque. Il offre quelques scènes intéressantes ; mais il tombe trop souvent dans l'enflure, et prodigue, comme Ronsard, les épithètes néologiques et les adjectifs lalinisés. Un autre défaut remarquable dans ses pièces, c'est le mélange des styles; on y trouve les comparaisons de Virgile, les odes d'Horace et le ton de l'églogue : c'est le caractère des imitateurs novices qui ne savent pas encore bien employer ni bien placer ce qu'ils emprunt:nt.»
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Le goût pour Sénèque, si prononcé dans Garnier, et qu'on retrouve également à l'origine de notre littérature, dans Montaigne , Balzac et Corneille, s'explique par l'éclat et le contraste des qualités et des défauts de l’auteur latin. En effet , il mêle la grandeur à l’enflure, le naturel à la recherche , la déclamation au sentiment, et surpasso quelquefois par des traits admirables les grands maîtres, quetrop souvent il défigure en les imitant. Le commerce de Sénèque le tragique, comme celui de Sénèque le philosophe et du jeune Lucain a ses dangers : il peut égarer le goût ; mais il élève l'âme, il échauffe le génie , et semble leur prêter des ailes pour monter dans les régions supérieurcs de la pensée.