‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 315 sur 914 · RSR ENT EEE RTS EST SEINE EEEESE ST SELS ETES NET ET EE TS · texte numérisé non relu

RSR ENT EEE RTS EST SEINE EEEESE ST SELS ETES NET ET EE TS

Crois-moi, contente l'envie Qu'’ont tant de jeunes guerriers, D'aller exposer leur vie

Pour t’acquérir des lauriers ;

Et ne tiens point ocieuses

Ces âmes ambitieuses,

Qui, jusques où le matin

Met les étoiles en fuite,

Oseront sous ta conduite

Aller quérir du butin.

Déjà le Tézin tout morne Consulte de se cacher, Voulant garantir la corne Que tu dois lui arracher ;

Et le Pô, tombe certaine De l'audace trop hautaine, Tenant baissé le menton, Dans sa caverne profonde S'apprête à voir en son onde Choir un autre Phaéton.

Va, monarque magnanime, Souffre, à ta juste douleur, Qu'en leurs rives elle imprime Les marques de ta valeur :

L'astre dont la course ronde

Tous les jours voit tout le monde, N'aura point achevé l’an,

Que tes conquêtes ne rasent

Tout le Piémont, et n'écrasent

La couleuvre de Milan”.

Ce sera là que ma lyre, Faisant son dernier effort, Entreprendra de mieux dire Qu'un cygne près de sa mort, Et, se rendant favorable, Ton oreille incomparable‘ ‘Te forcera d'avouer Qu'en l’aise de la victoire

Rien n’est si doux que la gloire

De se voir si bien louer.

Il ne faut pas que tu penses Trouver de l'éternité En ces pompeuses dépenses Qu'invente la vanité :

Tous ces chefs-d'œuvre antiques

Ont à peine leurs reliques.

Par les Muses seulement

L'homme est exempt de la Parque;

Et ce qui porte leur marque Demeure éternellement.

Par elles, traçant l’histoire De tes faits laborieux,

Je défendrai ta mémoire Du trépas injurieux ;

Et, quelque assaut que te face L'oubli par qui tout s’efface , Ta louange dans mes vers, D'amarante couronnée, N'’aura sa fin terminée

Qu’en celle de l'univers.

STANCES

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