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Crois-moi, contente l'envie Qu'’ont tant de jeunes guerriers, D'aller exposer leur vie
Pour t’acquérir des lauriers ;
Et ne tiens point ocieuses
Ces âmes ambitieuses,
Qui, jusques où le matin
Met les étoiles en fuite,
Oseront sous ta conduite
Aller quérir du butin.
Déjà le Tézin tout morne Consulte de se cacher, Voulant garantir la corne Que tu dois lui arracher ;
Et le Pô, tombe certaine De l'audace trop hautaine, Tenant baissé le menton, Dans sa caverne profonde S'apprête à voir en son onde Choir un autre Phaéton.
Va, monarque magnanime, Souffre, à ta juste douleur, Qu'en leurs rives elle imprime Les marques de ta valeur :
L'astre dont la course ronde
Tous les jours voit tout le monde, N'aura point achevé l’an,
Que tes conquêtes ne rasent
Tout le Piémont, et n'écrasent
La couleuvre de Milan”.
Ce sera là que ma lyre, Faisant son dernier effort, Entreprendra de mieux dire Qu'un cygne près de sa mort, Et, se rendant favorable, Ton oreille incomparable‘ ‘Te forcera d'avouer Qu'en l’aise de la victoire
Rien n’est si doux que la gloire
De se voir si bien louer.
Il ne faut pas que tu penses Trouver de l'éternité En ces pompeuses dépenses Qu'invente la vanité :
Tous ces chefs-d'œuvre antiques
Ont à peine leurs reliques.
Par les Muses seulement
L'homme est exempt de la Parque;
Et ce qui porte leur marque Demeure éternellement.
Par elles, traçant l’histoire De tes faits laborieux,
Je défendrai ta mémoire Du trépas injurieux ;
Et, quelque assaut que te face L'oubli par qui tout s’efface , Ta louange dans mes vers, D'amarante couronnée, N'’aura sa fin terminée
Qu’en celle de l'univers.
STANCES