‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 314 sur 914 · EU = * Ÿ · texte numérisé non relu

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Loin, bien loin, tristes pensées, Où nos misères passées

Nous avoient ensevelis!

Sous Henri, c'est ne voir goute' Que de révoquer en doute

Le salut des fleurs de lis.

O roi, qui du rang des hommes T'exceptes par ta bonté ;

Roi, qui de l'âge où nous sommes, Tout le mal as surmonté!

Si tes labeurs, d’où la France

A tiré sa délivrance,

Sont écrits avecque fui,

Qui sera si ridicule

Qui ne confesse qu'Hercule

Fut moins Hercule que toi?

Je sais bien que les oracles Prédisent tous qu’à ton fils Sont réservés les miracles De la prise de Memphis ; Et que c’est lui dont l'épée, Au sang barbare trempée, Quelque jour apparoissant À la Grèce qui soupire, Fera décroître l'empire

De l'infidèle Croissant *.

Mais tandis que les années

Pas à pas font avancer

L'âge où de ses destinées

La gloire doit commencer, Que fais-tu , que d'une armée, A te venger animée,

Tu ne mets dans le tombeau Ces voisins dont les pratiques De nos rages domestiques

Ont allumé le flambeau ?

Quoique les Alpes chenues Les couvrent de toutes parts, Et fassent monter aux nues Leurs effroyables remparts, Alors que de ton passage

On leur fera le message,

Qui verront-elles venir, Envoyé sous tes auspices, Qu’aussitôt leurs précipices Ne se laissent aplanir ?

* Aëme du temps de Malherbe, cette expression a paru basse et prosaïque.

3 L'espèce d'antithèse entre les mots décrottre ct croissant appartient au mauvais goût de certains auteurs de l'Italie.

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