‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 319 sur 914 · IS S TS · texte numérisé non relu

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SUR UN ATTENTAT COMMIS PAR ÉTIENNE DE LISLE EN LA PERSONNE DB HENRI-LE-GRAND '. ch

Qu direz-vous, races futures, Si quelquefois un vrai discours Vous récite les aventures

De nos abominables jours ?

Lirez-vous sans rougir de honte Que notre impiété surmonte

Les faits les plus audacieux,

Et les plus dignes du tonnerre, Qui firent jamais à la terre Sentir la colère des cieux?

Quelles preuves incomparables

Peut donner un prince de soi,

Que les rois les plus adorables

N'en quittent l'honneur à mon roi?

Quelle terre n'est parfumée

Des odeurs de sa renommée ?

Et qui peut nier qu'après Dien

Sa gloire, qui n’a point d'exemples, N’ait mérité que dans nos temples On lui donne le second lieu '?

Qui ne sait point qu’à sa vaillance

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Il ne se peut rien ajouter ?

N Qu'ou reçoit de sa bienveillance ne Tout ce qu’on en doit souhaiter? % Et que si de cette couronne Que sa tige illustre lui donne D Les lois ne l’eussent revètu , .

Nos peuples, d'un juste suflrage, ob Ne pouvoient , sans faire naufrage, Ne l’offrir point à sa vertu *. g ne —— de Toutefois, ingrats que nous som'ues, .

Barbares et dénaturés ca Plus qu'en ce climat où les hommes Par les hommes sont dévorés,

Toujours nous assaillons sa tête + De quelque nouvelle tempête ; do Et, d’un courage forcené, .

Rejetant son obéissance, cp Lui défendons la jouissance D Du repos qu'il nous a donné. .

‘ Étienne, se jetaut sur le roi, comine il passait sur le Pont + Neuf, le tira par son manteau qu'il fit tomber. Cet homme fut ‘;° aussitôt pris et mené à ia Bastille ; mais, comme par sesinter- <! rogatoires son esprit parut aliéné, l'attentat n'eut pas de suites 4

ce fâcheuses pour lui. s

FE ? Cette strophe languissante, qui dit moins que la précé °° ch 4 11 paraît que de tout temps la flatterie a voulu diviniser les dente , est inutile. Otez-la, et voyez combien la strophe sui- ce de rois. vante acquerra de prix. us

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Là main de cet esprit farouche '

Qui , sorti des ombres d'enfer,

D'un coup sanglant frappa sa bouche, À peine avait laissé le fer,

Et voici qu’un autre perfde

Où la mème audace réside,

( Comme si détruire l'état

Tenoit lieu de juste conquête ! |

De pareilles armes s’apprète

À faire un pareil attentat.

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O soleil, 6 grand luminaire”,

Si jadis l'horreur d’un festin

Fit que de ta route ordinaire Tu reculas vers le matin,

Et d'un émerveillable change Te couchas aux rives du Gange; D'où vient que ta sévérité, Muindre qu'en la faute d'Atrée,

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. Ne punit point cette contrre ue D'une éternelle obscurité ? ?

‘ La main d'un esprit ne peut se tolérer.

3 Racine a dit :

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ch Et Lol , soletl, et tot, qui, dans cette contrée,

a Reconnals l'héritier et le vrai fils d'Atrée;

4 Toi, qui n’oses du père éclairer le festin,

. Recule, lis l'ont appris ce funeste chemin.

“a Mais l'horreur du soleil pour le crime d'un roi qui offre à un ds père les membres de son propre fils dans un festin , était une . croyauce des Grecs, et c'est le désespoir maternel qui inspire © à Ciytemnestre cette éloquente apostrophe qui cependant ne de produit presque aucun elfet sur notre théâtre, et n'en pourrait

produire que par l'accent passionné d'une actrice douée d'une âme de feu et capable de ces transports inattendus par lesquels la fameuse Dumesnil ravissait les spectateurs.

Ici l'apostrophe de Malherbe au soleii n'est qu'une de ces beautés froides qui glaceut une composition , au lieu d'y jeter un mouvement pathétique appelé par le sujct.

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5 On lit dans Virgile, à propos de la mort de César ;

Llle etiam extincto miseratus Cæsare Romom Cum caput obseura nllidum ferrugine texit, lopisque æternsm timuerunt secula noctem.

Quand César expira, crt astre épouvanté

Courrit sou frout brillont d’un voile ensanglonté,

Et le ciel ténébreux, la nuïft universelle

Fit craindre eu siècie Impic une nuit éternelle. DORANGE.

Quand César explra, plaignant notre miscre, D'un nuage ssuglont tu voilus ta lumière; Tu refusas le jour à ce siècle pervers:

Une éteruelle nuit menaça l'uuivers.

DELILLE

L'épisode de Virgile, fondé sur une superstition populaire, sor la terreur que l'apparition des comètes inspirait alors aux peuples, a du moins cet avantage, que les Romains, frappés d'épouvante par la mort de César, étaient doublement disposés à admettre le prodige par leur terreur et par leur créduiité. D'un autre côté, en paraissant adopter cette fable comme une vérité, Virgile a su rendre dramatique sa description des diffé-

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