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Employons mieux le temps qui nous est limité ; Quittons ce fol espoir par qui la vanité Nous en fait tant accroire :
- Racan (Ionorat du Buell, marquis de) naquit en 1589, à la Roche-Racan, château situé à l'extrémité de la Touraine. Son père était maréchal-de-camp dans les armées du roi. Racan, jeune, montra peu de penchant à l'étude et une aversion si forte pour le latin , que ses maîtres ne purent jamais , dit-on , lui faire apprendre et retenir le Confiteor. Mais la beauté d'nn pays qu'on appelle le jardin de la France, la douceur du climat, et je ne sais quelle mollesse que l’on respire en quelque sorte avec son air embaumé, ouvrirent le cœur de Racan aux douces émotions, à la tendresse, qui sont l'âme de ses compositions. Racan élait déjà poëte avant d'avoir fait des vers. Déjà le germe du talent était en lui ; il ne fallait qu'une occasion pour le produire au jour : cette occasion ne tarda point à se présenter. Admis au nombre des pages de la chambre de Henri IV, il fut introduit dans la maison du duc de Bellegarde ; il y connut Malherbe, dout la destinée était de réformer la langue française, et de créer des poëtes par ses leçons et par ses exemples. Malherbe essaya par tous les moyens de rendre à Racan le mème service que Boileau à Racine ; il prit tous les soins possibles pour lui apprendre à faire difficilement des vers faciles. Le disciple et le maître se lièrent d’une étroite amilié. Racan chérissait Malherbe comme un père ; Malherbe aimait Racan comme on fils : ils n’avaient aucun secret l’un pour l'autre. C'est ainsi que Racan, à son retour de Calais, où il avait été porter les armes, au sortir des pages, vint demander en confidence à Malherbe de lui tracer un plan de conduite dans le monde. On sait que le vieux poëte répondit à son jeune ami par l'ingénieux apologue du Pogge, dont La Fontaiue a tiré l'admirable fable du Meunier, son Fils
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et l’Ane. À l'époque de cet entretien, Malherbe ne pou-:
vait pas soupçonner que de lui naitrait, après sa mort, un poëte qui viendrait protester contre le rigorisme de ses doctrines , et tirer de l'étude des écrivains d'Athènes et de Rome , ainsi que du commerce de nos vieux auteurs, une langue nouvelle, à la fois antique et moderne, originale et imitée.
Racan ent à la cour de Henri IV des succès de loute nature. Jeune, aimable et beau, le cœur plein de cette tendresse qui avait passé dans ses poésies, il devait plaire, malgré la nonchalance dont Malberbe l’accuse , dans une lettre à Balzac. Racan , qui crut sentir dans les expressions de son maître un reproche de froideur, prit feu làdessus d’une manière fort comique. Après avoir sacrifié aux passions de la jeunesse, Racan, müri avec l’âge, se maria vers l’âge de trente-huit ans. Longtemps heureux époux et non moins heureux père, il eut avec Malherbe une triste conformité, celle de voir maurir sous ses yeux, en 1652, son fils, de seize ans, qui était les délices de son père. Il fit lui-même l'épitaphe de cet enfant chéri, dans quelques vers touchants :
Ce fils …. dont l'aimable jeunesse Rendolt de mes vleux Jours tous les désirs contents, Ce fils qui fut l'oppuy de ma folble vieillesse,
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