‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 329 sur 914 · D 0 0 00 0 0 SD DIT I IO EE · texte numérisé non relu

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Qu’amour soit désormais la fin de nos désirs ; Car pour eux seulement les dieux ont fait la gloire, Et pour nous les plaisirs‘.

A vu tomber sans fruit la fleur de son printemps. Tout le siècle jJugealt qu'en ss vertu nsissante

La tige de Bucti, jadis si florissante,

Voulait sur son declin faire un dernier effort. Son esprit fut brillant, son ame généreuse;

Et jamais sa molson illustre et ma:heureuse

N'en a reçu d'ennul que celui de sa murt.

Racan fut un des premiers membres de l’Académie française. Il dut cet honneur et presque toule sa réputation à une espèce de tragédie pastorale, intiulée les Bergeries, et dunt tous les personnages, possédés par la passion de l'amour, produisent par cela même une monotonie qui fatigue le lecteur. Souvent on croirait assis:er à une thèse d'amour, soutenue à l’hôtel Rambouillet ou devant Richelieu. Toutefois on trouve daus ce bizarre et froid ouvrage des beautés de plus d'une espèce , témoin ces sentences que le poëte a mises dans la bouche du vieux druide de Chindonnax :

Prenez garde, mon fils, d'arcuser l'innocence : Les dieux justes et bons veillent pour sa défense, Qui, des faits inconnus arhitres et témoins, Découvrent 1ôt ou tard ce que l'on salt te moins. Ils parlent par ma voix des actions passces,

El par mes propres yeux lisant dans les pensées, M'y font voir clairement les faits les plus doutcus.

Ailleurs :

Le juge de là-haut , exempt de passlon,

Ne peut être sensible à la corrup:lon;

Lui qui tient en ses moins le ciel, la terre et l'onde, Accepte sans besoin les offrandes du monde:

Et ce qu'à ses autels nous faisons aujourd'hui, C'est pour nous seulement : on ne falt rien pour lul.

Mais ce qui est bien autrement digne d'éloges, Racan, qui écrit, en général, avec une élégance, avec une pureté soutenues, a répandu dans ses Bergeries une foule de vers où la naïveté , la grâce antique, sont répandues en même temps que rajeunies par je ne sais quoi de moderne qui n'ôle rien à la vérité. Pour dire en un mot toute ma pensée sur ces passages, que je citerai plus tard, ce sont des vers de La Fontaine, quand sa muse, qui cache si habilement le travail sous un air de pd se montre à nous en riant :

Avec son air de plaire et de n'y penser pas.

Les stances de Racau sur la retraite conservent encore beaucoup de répulation ; elles sont loin cependant d'égaler en mérite certains traits des Bergeries, dans lesquels Racan l'emporte sur Virgile et mème sur Théocrite.

* Nous ne citons cette pièce que pour fournir au lecteur l'uccasion de juger , par la comparaison avec d'autres pièces du même auteur, combien Racan peut s'élever au-dessus de luimême, sans toutefois changer le caractère de son talent.

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