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Agréables déserts, séjour de l’innocence,
Où loin des vanités, de la magnificence, Commence mon repos et finit mon tourment, Vallons, fleuves , rochers, plaisante solitude, Si vous fûtes témoins de mon inquiétude, Soyez-le désormais de mon contentèement !
les deux compositions la différence d'un tableau à une esquisse au trait.
11 serait bon aussi de relire ici les stances de Desportes qui commencent par ces deux vers :
O trop heureux qui peut passer sa \le Enire les slens franc de hatue et d'envie.
. Je laisse à mes jeunes lecteurs le soin de prononcer entre les deux rivaux, après les avoir opposés l'un à l'autre.
Je leur propose encore un exercice profitable, celui de rechercher ce qu'une raison sévère pourrait supprimer de lon-
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gueurs dans les stances de Racan. En effet , s'ils les regardent F üe près, ils rcconnaîtront que la pièce gagnerait d'autantplnsà °° des suppressions que si la voix du poëte est flatteuse et douce, ‘+ il chante trop souvent sur le méme ton. ":
Ceux qui connaissent la langue latine devront lire, d'Ho- °° race, la pièce qui a pour titre l’Usurier converti;ilsytrouve-. « ront les imèmes pensées que celles de Racan, exprimées avec
une rarc précision, resètues d'une élégance exquise , mais sans recherche pourtant’, d'une couleur brillante, sans trop d'éclat. Dans cette pièce , dont luutes les images appartiennent à la vie champêtre , en évitant de s'élever trop haut, Horace est toujours poite, mérite que Racan ne pont pas toujours revendiquer. Ea outre, la variété des sons , due à la langue polie par lé siècle d'Auguste, et leur habile combinaison , due au talent de l'écrivain, donnent une incoutestab'e supériorité à Horace. Ce sont là des aveux dictés par la justice; mais nous
Press.
répandu sur toutes les pièces de Racan. Cet avantage ne tient pas seulement à la précieuse naïveté qui manque absolument aux Romains ; il vient d'une autre cause. Les stances de Racan sembleut vraiment sortir du cœur d'un homme touché d'un véritable amour de la retraite, qui prend congé du monde pour aller vivre en paix avec lui-même au sein de la campagne, et
ŒRFEEEEET
je attendre , sans la désirer ni la craindre , la douce fin du sage . de La Fontaine :
Approche-{-Il du but ? quitte-t-il le séjour ? kien ne trouble sa fin : c'est le soir d’uu beau jour. RE à | C'est l'homme que nous cherchons, c'est l'homme que nous °°
ÉRLELAENTSSLEL
voulons sentir, avant tout, dans ces sortes de sujets; et pour nous faire illusion , il faut que le poëte se cache derrière le personnage, ou plutôt qu'ils'identilie avec lui : c'est là le triomphe de l'art.
° Livre des Épodes.
2, 20 Ta 8