‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 334 sur 914 · PRE RE ER · texte numérisé non relu

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Et, sans porter envie à la pompe des princes,

| Ses champs et ses jardins sont autant de provinces; Se contente chez lui de les voir en tableau‘.

Il voit de toutes parts combler d’heur sa famille,

La javelle à plein poing tomber sous sa faucille, e Le vendangeur ployer sous le faix des paniers;

Et semble qu’à l’envi les fertiles montagnes,

Les humides vallons et les grasses campagnes S'effurcent à remplir sa cave et ses greniers.

Il suit aucune fois le cerf par les foulées,

Dans ces vieilles forêts du peuple reculées,

Et qui même du jour ignorent le flambeau; Aucune fois des chiens il suit les voix confuses, Et voit enfin le lièvre , après toutes ses ruses, Du lieu de sa naissance en faire son tombeau.

Tantôt il se promène au long de ses fontaines,

De qui les petits flots funt luire dans les plaines “ L'argent de leurs ruisseaux parmi l'or des moissons ; “ee

Tantôt il se repose, avecque les bergères, Sur des lits naturels de mousse et de fougères, Qui n’ont d’autre rideau que l'ombre des buissons.

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: Ces vers, à la fois simples, naïfs, précis et bien frappés, sont du nombre de ceux qui ne sortent plus de la mémoire quand ils y sont entrés. On désire ces beautés dans Boileau ; elles abondent en La Fontaine, qui s'était abreuvé à longs traits aux vieilles sources gauloises.

Le dernier vers rappelle un mot célèbre de Ilenri IV: « L'homme le plus heureux de France est celui qui jouit de dix

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os mille livres de rente et qui n’a jamais entendu parler de moi. » <\ Leg | co 99 20 Q 2 0 9 9 Q © F9: 2.9

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Il soupire en repos l'ennui de sa vieillesse,

Dans ce même foyer où sa tendre jeunesse

À va dans le berceau ses bras emmaillotés ;

Il tient par les moissons registre des années,

Et voit de temps en temps leurs courses enchaînées Vieillir avecque lui les bois qu’il a plantés".

Il ne va point fouiller aux terres inconnues, À la merci des vents et des ondes chenues ”; Ce que nature avare a caché de trésors;

Et ne recherche point, pour honorer sa vie, De plus illustre mort, ni de plus digne envie, Que de mourir au lit où ses pères sont morts.

Il contemple du port les insolentes rages ,

Des vents de la faveur, autour de nos orages, Allamer des mutins les desseins factieux :

Et voit en un clin d’œil, par un contraire échange, L'un déchiré du peuple au milieu de la fange, Et l'autre en mème temps élevé dans les cieux.

S'il ne possède point ces maisons magnifiques,

Ces tours , ces chapiteaux, ces superbes portiques Où la magnificence étale ses attraits,

Il jouit des beautés qu'ont les saisons nouvelles;

Il voit de la verdure et des fleurs naturelles, Qu'en ces riches lambris l’ôn ne voit qu’en portraits’.

Crois-moi, retirons-nous hors de la multitude, Et vivons désormais loin de la servitude

De ces palais dorés où tout le monde accourt : Sous un chène élevé, les arbrisseaux s'ennuient; Et devant le soleil tous les astres s’enfuient,

De peur d'être obligés de lui faire la cour ‘.

‘ La pensée manque de clarté par un défaut de l'expression.

? Le mot chenu, qui signifie blanc de vieillesse, ne saurait s'appliquer conveniblement aux ondes.

5 Il ne fallait pas revenir sur cette pensée, si henreusement employée plus haut ; ensuite le mot propre était peinture; enlin on attendait ici une plus curieuse élégance.

4 Ces trois vers. assaisonnés de l'un de ces traits d' esprit qui dérident le front du lecteur le plus sévère , sont vraiment de la poésie.

Je crois quel'ode aurait gagné quelque chose à finir par cette strophe ; elle fäit pâlir les deux deruières.

La pièce qu'on vient de lire donne lieu à plusieurs autres observations utiles. Et d'abord , en la rapprochant de notre première citation, on verra de quelle nouvelle et riche parure le poëte a su habiller sa pensée , tantôt presqr'e nne, tantôt trop simplement vêtue, dans l'ode au comte de Bussy. Il y a entre

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devons reconnaitre aussi que l'ode d'Horace n’a point le charme

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Après qu'on a suivi, sans aucune assurance, Cette vaine faveur qui nous pait d'espérance, L’envie en un moment tous nos desseins détruit ; Ce n'est qu’une fumée ; il n’est rien de si fréle; Sa plus belle moisson est sujette à la grêle, Et souvent elle n'a que des fleurs pour du fruit.

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