SUR L'EXIL DU POËTE
TT qui lance le tonnerre,
Qui gouverne les élémens
Et meut avec des tremblemens
La grande masse de la terre,
Dieu qui vous mit le sceptre en main, Qui vous le peut ôter demain,
Lui qui vous prête sa lumière,
Et qui, malgré les fleurs de lys,
Un jour fera de la poussière
De vos membres ensevelis.
SALTSNELILELESSLLITE
Ce grand Dieu qui fit les abimes Dans le centre de l’univers,
Et qui les tient toujours ouverts À la punition des crimes,
Veut aussi que les innocens
A l'ombre de ses bras puissans Trouvent un assuré refuge,
Et ne sera point irrité
Que vous tarissies le déluge
Des maux où vous m'avez jelé'.
Éloigné des bords de la Seine,
Et du doux climat de la cour,
Il me semble que l’æil du jour
Ne me luit plus qu’avecque peine ; Sur le faiste affreux d’un rocher,
* Boileau n'a jamais su faire deux straphes parcilles à celles-
ci, qui ne sont point indignes de Malherbe.
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Dont les ours n'osent approcher", Je consulte avec des furies
Qui ne font que solliciter
Mes importunes rèveries
À me faire précipiter.
Aujourd’hui parmi les sauvages Où je ne trouve à qui parler, Ma triste voix se perd en l'air, Et dedans l'écho des rivages :
Au lieu des pompes de Paris, Où le peuple avecque des cris Bénit le roi parmi les rues,
Ici les accens des corbeaux
Et les foudres du haut des nues Ne me parlent que de toimbeaux.
J'ai choisi loin de votre empire ; Un vieux désert où les serpens
Boivent les pleurs que je répands,
Et soufflent l’air que je respire.
Dans l'effroi de mes longs ennuis,
{ La Fontaine a dit, dans ia bclie fable du Paysan du Daaube :
Nous ne conversons plus qu'avec des ours affreux, Découregés de mettre au jour des malleureux, Et de peuplier pour Komc va pays qu'elle opprime.
2 Solliciler des réceries à me faire prccipitrr exprime incorrectement une pensée qui n'a rien que de conforme au sujct.
RERERS