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DIX-SEPTI
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Voici quelques passages de cette pièce adressée au duc de Montmorenci ; le poëte y raconte la manière miraculeuse dont Arion, si célèbre dans ia fable, évita la mort en se sauvant sur le dos d'un dauphin. Arion, dit Saint-Amand , domptait les animaux, faisait marcher les arbres ,
Arrêtoit le soleil, précipitoit son cours, Prolongeoit à son choix ou les nuits ou les jours, Réveilloit la clémence, endormoit le tonnerre, Abaissoit la fierté du démon de la guerre,
Et bannissoit des cœurs qui s'approchoient de lui,
Mème au fort des tourments, la douleur et l'ennui.
Le poëte, parlant du voyage d'Arion pour retourner dans sà patrie, continue ainsi :
Un naturel désir de revoir sa patrie,
Où tous l'accueilleroïent avec idolâtrie, Sollicitoit son âme en ce lointain séjour , Le pressoit vivement d'y faire son retour,
Il s'apprête à partir du rivage latin,
Pour aller dans la Grèce achever son destin, Et fait tous ses efforts pour trouver un navire Qui le rende au pays où son destin aspire.
Il en trouve un à Corinthe, et prend congé de ses amis,
S'embarque en leur présence , et par un long adieu Témoigne du regret d'abandonner ce lieu.
On lève aussitôt l'ancre, on fait tomber les voiles; Un vent frais ét bruyant en fait siffler les toiles: On invoque Thétis, Neptune et Palémon ;
Les nochers font jouer les ressorts du timon;
La nef sillonne l’eau qui, traçant sa carrière, Lance des flots brillants d’écume et de poussière. Le peuple de Tarente, épandu sur le port, Souhaitant de le voir sauvé du sombre bord, Fait pour lui mille vœux, et, le perdant de vue, La contenance morne et l'âme tout émue,
S'en revient au logis, tout plein d’un deuil amer, Tournant à chaque pas ses regards vers la mer.
Le poëte raconte ensuite que les matelots conçurent le barbare projet de précipiter Arlon dans les flots. Arion, qui s'aperçoit de ieur dessein, veut chanter son hymne de mort :
Mais lui qui s'aperçoit de leur cruelle envie, Désirant célébrer le terme de sa vie,
Comme le cygne fait, lorsqu'au dernier instant,
Il dit sa fin prochaine, et expire en chantant, Prend ses plus beaux habits, ses tempes environne D'un laurier immortel qui lui sert de couronne.
ñl prend ensuite sa iyre, et annonce aux matelots étonnés. qu'il va chanter un hymne qui les remplira de joie et de banheur. Les matelots remettent au lendemain l'exécution de leur funeste projet, et se pressent autour de Ini pour l'entendre. Alors Arion,
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. . . . Jetant les yeux sur la face de l'onde,
Où l'on voyoit glisser leur poupe vagabonde,
Il appelle en son cœur toutes les déités
Dont ces gouffres marins sont partout habités, Puis accorde son luth, avec soin le prépare,
Pour toucher des bourreaux l’âme dure et barbare ; Puis, montant sur la poupe , en superbe appareil, Fait entendre un prélude, invoquant le soleil.
O le plus beau des dieux et le plus adorable!
Toi qui par ta valeur aux mortels favorable,
Fis que l'affreux serpent expira sous tes coups, Hélas! prends soin de nous!
Phébus,quelesneufsœursreconnaissent pour maître,
Prince de la lumière , à qui tout doit son être,
Astre grand et superbe, aux flamboyants cheveux, Sois propice à nos vœux.
Suprême déité, dont les sacrés oracles -|[ Dans le temple de Delphe annoncent des miracles, Seul arbitre du temps, qui sans toi ne peut rien, Travaille à notre bien.
Dissipe la fureur de ces noires tempêtes,
Que le malheur prépare à foudroyer nos têtes;
Et pour nous retirer de la nuit du tombeau, Prête-nous ton flambeau.
Qui peut ici douter qu'Éole te révère?
Si ta faveur l’ordonne , au lieu d'être sévère,
11 montrera pour nous autant d'affections Que pour les Alcyons.
Il calmera les flots que son sceptre gouverne, Enchainera Borée au fond de sa caverne, Et laissera courir Zéphyre seulement
Sur ce vaste élément.
Il n'avoit pas encore achevé son cantique, Que le soleil se plonge en la mer Atlantique, Que le Péloponèse apparait à leurs yeux,
Et que l’obscurité leur dérobe les cieux.
Soudain que ces accords sur les eaux s'étendirent, Les habitants des mers en foule se rendirent Autour de ce vaisseau , mais sans bruit toutefois, Pour entendre de près cette touchante voix :
Là , pour l'entendre mieux, l'effroyable baleine, Aussi bien que les vents, retenoit son haleine ;
Là , ceux que la nature a fait naître ennemis,
Et dont les sentiments furent lors endormis, Oublioient à la fois leur crainte et leurs alarmes, Se laissant tous ensemble attirer à ces charmes.
Mais rien ne peut calmer la rage des assassins qui …
Les glaives nus au poing, conduits par les furies, Qui seules inspiroient de elles barbaries , Courent vers Arion d'un violent effort,
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Pour lui ravir ses biens et lui donner la mort.
Comme on voit des roseaux la souple obéissance Fléchir facilement sous la fière puissance
Des aquilons émus, soufflants de toutes parts, Qui pourroient ébranler les plus fermes remparts ; Ainsi l’on pouvoit voir Arion snr la poupe Céder à la fureur de cette avare troupe,
Et par des actions pleines d'humilité,
Essayer d'attendrir leur dure cruauté;
Mais, voyant à la fin qu’il n'étoit pas possible D’émouvoir et leur âme et leur haine inflexible, Ne trouvant point d'asile où pouvoir se cacher, Pour éviter la mort, il s’en va la chercher, Troublé de désespoir , se précipite en l'onde, Où du ciel attendri la tendresse profonde Suscite un grand dauphin , dont le dos éclatant L'accueille, et sur le bord le transporte vivant.
4 Cette pièce est imitée d'un passage des Fastes d'Ovide, passage dont la fin a été assez heureusement traduite par Saint-Ange: Arlon, avant de mourir, obtient la permission de chanter une deraière fois , et forme les plus doux accords sur sa lyre.
Le cygne au cou d'argent, percé d'un fer imple, En soupirs modulés exbale siusi sa vie.
Le prêtre d'Apollon s’élance dans les flots,
11 tombe, et sur la poupe ont rejailli les eaux ; Un dauphin , 0 merveille! attiré par sa lyre,
Lui présente son dos en forme de navire.
Tranquillement essis, 11 chante, et sous ses doigts Son luth bermonleux se marie à ss voix:
Et ses doux chants, tribut de la reconnaissance Semblent charmer le flot qui l'écoute en slience, Jupiter avait vu ce sète officieu: :
1 admit le deuphin à briller dens les vieux.
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