‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 372 sur 914 · AK DE DD 0000000000 000000 0000009 DU U 0 D · texte numérisé non relu

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Mais enfin ce grand jour, le plus beau de vos jours, Sera le dernier de ma vie.

SANGARIDE

O dieux!

ATYS

Ce n'est qu'à vous que je veux révéler Le secret désespoir où mon malheur me livre.

Je n'ai que trop su feindre : il est temps de parler. Qui n'a plus qu’un moment à vivre N'a plus rien à dissimuler.

SANGARIDE

Je frémis : ma crainte est extrême.

Atys, par quel malheur faut-il vous voir périr ?

ATYS

Vous me condamnerez vous-même, Et vous me laisserez mourir.

; SANGARIDE

J'armerai, s’il le faut, tout le pouvoir suprême. ATYS.

Non, rien ne peut me secourir.

Je meurs d'amour pour vous : je n'en saurois guérir.

SANGARIDE

Qui? vous!

ATYS

Il est trop vrai.

SANGARIDE

Vous m'aimez !

ATYS

Je vous aime.

Vous me condamnerez vous-même, Et vous me laisserez mourir.

J'ai mérité qu'on me punisse.

J'offense un rival généreux, Qui par mille bienfaits a prévenu mes vœux.

Mais je l'offense en vain; vous lui rendez justice. Ah! que c'est un cruel supplice D’avouer qu'un rival est digne d’être heureux!

Prononcez mon arrêt : parlez sans vous contraindre. :

SANGARIDE

Hélas !

ATYS

Vous soupirez ! Je vois couler vos pleurs!

D'un malheureux amour plaignez-vous les douleurs ?

SANGARIDE

Atys, que vous seriez à plaindre Si vous saviez tous vos malheurs!

ATYS

Si je vous perds et si je meurs, Que puis-je avoir encore à craindre?

SANGARIDE

C'est peu de perdre en moi ce qui vous a charmé : Vous me perdez, Atys, et vous tes aimé.

ATYS

Aimé! Qu'’entends-je, à ciel! quel aveu favorable!

SANGARIDE

Vous en serez plus misérable.

ATYS

Mon malheur en est plus affreux :

Le bonheur que je perds doit redoubler ma rage. Mais n'importe , aimez-moi, s’il se peut, davantage, Quandj'endevrois mourir cent fois plus malheureux".

4 « Certainement il y a là du sentiment et même de la passion. Ce ne sont point des fadeurs d'opéra; et si l'on souge que l'auteur, travaillant dans un genre de drame où il ne pouvait rien approfondir , a trouvé le moyen de produire ces effets dans des scènes qui ne sont pour ainsi dire qu'indiquées, l'on conviendra que ces scènes prouvent beaucoup de ressources dans f'esprit, et que Quinauit avait un talent pariiculier, non pas seulement, comme le dit Boileau, pour faire des vers bons à étre mis en chant, mais pour faire des drames charmants, d'ua genre qu'il a créé et que lui seul a bien connu. »

LA HaARPe.

« Je ne connais point de déclaration ( celle de Phédre exceptée, qui soit amenée avec plus d'art et plus d'intérèt. D'un aveu, qui est le bonheur le plus grand de l'amour, faire le comble de ses maux est une idée très-dramatique , et pour en venir là , il fallait toute la gradation qui précède. »

Le même.

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U, songe affreux m'inspire une fureur nouvelle Contre ce funeste ennemi.

J'ai cru le voir, j'en ai frémi ; J'ai cru qu'il me frappoit d'une atteinte mortelle, Je suis tombée aux pieds de ce cruel vainqueur; Rien ne fléchissoit sa rigueur ; Et, par un charme inconcevable , Je me sentois contrainte à le trouver aimable, Dans le fatal moment qu'il me perçoit le cœur.

Je mourrai si tu pars, et tu n'en peux douter. Ingrat , sans toi je ne puis vivre.

Fe Mais, après mon trépas, ne crois pas éviter

: Mon ombre obstinée à je suivre.

Tu la verras s'armer contre ton cœur sans foi'; Tu la trouveras inflexible , Comme tu l'as été pour moi,

Le Et sa fureur, s’il est possible,

% Égalera l'amour dont j'ai brûlé pour toi.

à « Armide soutient son caractère altier lorsque , maîtresse du sort de Renaud, indignée de ne devoir qu'à ses enchantements tout l'amour qu'il lui montre, elle s'efforce de le haïr, et D appelle la haine à son secours. C'est la plus belle allégorie qu'il % yaitàl'Opéra; et jamais ce genre de fiction, qui est si souvent froid, n'a été plus intéressant. Ce ballet de la Haine n'est pas une fête de remplissage comme il ÿ en a tant; c'est une peinture morale et vivante. L'on reconnaît le cœur humain, et l'on plaint Armide, lorsqu'elle s'écrie :

arrête, arrète, affreuse Haine!

Lalsse-moi sous les lois d'un sl charmant vainqueur ; Laisse-mol, je renonce à ton secours horrible. Non, non, 0'acbève pas; non, il n'est pas possible pe m'ôter mon amour sans m'arracher le cœur,

209990 tt OLPC OC D à 0 O0 à .

LA HATXP.

Dûe Tu me rappelleras peut-être dès ce jour; Ve Mails ton attente sera vaine.

Je Je vais te quitter sans retour.

js 'os Je ne puis te punir d'unc plus rude peine,

s Que de t'abandonner pour jamals à l'amour.

LA THABPE.

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