‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 386 sur 914 · NÉS LLIS LISE LISE · texte numérisé non relu

NÉS LLIS LISE LISE

Que Dieu lui seul est éternel, Et parle comme un autre Elie Devant cette autre Jézabel.

UNE AUTRE

Qui uous révélera ta naïssance secrèle, Cher enfant? Es-tu fils de quelque saint prophète?

UNE AUTRE

Ainsi l'on vit l'aimable Samuel Croitre à l'ombre du tabernacle :

11 devint des Hébreux l'espérance et l'oracle. Puisses-tu , comme lui, consoler Israël

UNE AUTRE

O bienheureux mille fois L'enfant que le Seigneur aime, Qui de bonne heure entend sa voix, Et que ce Dieu daigne instruire lui-même !

Loin du monde élevé, de tous les dons des cieux Il est orné dès sa naissance ; Et du méchant l'abord contagieux N'altère point son innocence.

TOUT LE CHŒUR

Heureuse , heureuse l'enfance Que le Seigneur instruit et prend sous sa défense

LA MÈME VOIX, seule.

Tel en un secret vallon, Sur le bord d'une onde pure, Croit, à l'abri de l'aquilon, Un jeune lis, l'amour de la nature.

Loin du monde élevé, de tous les dons des cieux Il est orné dès sa naissance ; Et du méchant l’abord contagieux N’altère point son innocence ".

TOUT LE CHŒUR

Heureux, heureux mille fois L'enfant que le Seigneur rend docile à ses lois !

UNE VOIX seule.

Mon Dieu, qu’une vertu naissante Parmi tant de périls marche à pas incertains Qu'une âme qui te cherche et veut être innocente Trouve d'obstacle à ses desseins Que d'ennemis lui font la guerre

4 On pourrait croire que la répétition de ces quatre vers de la strophe précédente, ne s'appliquant pas aussi bien au lis qu'au jeune enfant, est à peu près inutile.

BRIRRIISRREIRESRÉÉ TT TTOT

Où se peuvent cacher tes saints ?

Les pécheurs couvrent la terre.

UNE AUTRE

O palais de David, et sa chère cité!

Mont fameux, que Dieu même a longtemps habité ! Comment as-tu du Ciel attiré la colère?

Sion, chère Sion, que dis-tu quand tu vois Une impie étrangère Assise, hélas ! au trône de tes rois ?

LA MÊME VOIX confinue.

Au lieu des cantiques charmants Où David t'exprimoit ses saints ravissements, Et bénissoit son Dieu , son Seigneur et son père, Sion, chère Sion, que dis-tu quand tu vois Louer le dieu de l’impie étrangère, Et blasphémer le nom qu'ont adoré tes rois ?

UNE VOIX seule.

Combien de temps, Seigneur , combien de temps encore Verrons-nous contre toi les méchants s'élever ? Jusque dans ton saint temple ils viennent te braver ; Ils traitent d'insensé le peuple qui t'adore.

Combien de temps, Seigneur, combien de temps encore Verrons-nous contre toi les méchants s'élever ?

UNE AUTRE

Que vous sert, disent-ils, cette vertu sauvage ? De tant de plaisirs si doux Pourquoi fuyez-vous l'usage ?

Votre dieu ne fait rien pour vous.

UNE AUTRE

Rions, chantons , dit cette troupe impie ; De fleurs en fleurs de plaisirs en plaisirs, Promenons nos désirs.

Sur l'avenir insensé qui se fie.

De nos ans passagers le nombre est incertain : | Hätons-nous aujourd'hui de jouir de la vie; Qui sait si nous serons demain"?

iL° Alceste d'Euripide vanonsfournirici une observation utile: Hercule, admis comme étranger daus la maison d'Admète, où règnent le deuil et les larmes, 8€ couronne de myrte, fait retentir l'air de ses chants, et vide à longs traits une coupe entourée de lierre. Ce même héros, au lieu de compatir à la douleur de l'un des officiers du palais, lui rappelle la brièveté de la vie, l'arrét inévitable de la mort, et l'invite à goûter les plaisirs de Bacchus par des expressions dignes de Désaugiers ou de quelque autre joyeux convive da Caveau. Il y a là des fautes qui répngnent au caractère d'Hercule, et des inconvepances qui donnent la plus fächeuse opinion du héros et du poëte dans cette circonstance.

Les mémes pensées, presque Îles mêmes expressions, em-

TOUT LE CHŒUR

Qu'ils pleurent, d mon Dieu ! qu'ils frémissent de crainte, Ces malheureux, qui de ta cité sainte Ne verront point l'éternelle splendeur !

C'est à nous de chanter, nous à qui tu révèles Tes clartés immortelles ; C'est à nous de chanter tes dons et ta grandeur.

UNE VOIX seule.

De tous ces vains plaisirs où leur âme se plonge Que leur restera-t-il? Ce qui reste d'un songe

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