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LA JEUNE ISRAËLITE
Moi, je pourrois trahir le Dieu que j'aime!
J'adorerois un dieu sans force et sans vertu, : Reste d'un tronc par les vents abattu,
Qui ne peut se sauver lui-même!
LE CHŒUR
Dieux impuissants, dieux sourds, tous ceux qui vous Ne seront jamais entendus : [implorent Que les démons, et ceux qui les adorent, Soient à jamais détruits et confondus!
UNE ISRAËÉLITE.
Que ma bouche et mon cœur, et tout ce que je suis, Rendent honneur au Dieu qui m'a donné la vie. Dans les craintes, dans les ennuis, En ses bontés mon âme se confie.
Veut-il par mon trépas que je le glorifie, Que ma bouche et mon cœur, et tout ce que je suis, Rendent honneur au Dieu qui m'a donné la vie.
ÉLISE
Je n'admirai jamais la gloire de l'impie.
UNE AUTRE ISRAÉLITE
Au bonheur du méchant qu'une autre porte envie.
ÉLISE
Tous ses jours paraissent charmants ; L'or éclate en ses vêtements ; Son orgueil est sans borne, ainsi que sa richesse; Jamais l'air n'est troublé de ses gémissements ; Il s'endort, il s’éveille au son des instruments ; Son cœur nage dans la mollesse *.
UNE AUTRE ISRAÉLITE
Pour comble de prospérité, Il espère revivre en sa postérité ;
‘* Ces vers sont un peu faibles. Racine lui-même avait bien mieux exprimé les mêmes pensées dans Athalie :
Ami, peux-tu penser que d'un zèle frivole
Je me laisse aveugler par une vaine idole,
Pour un fragile bois que, malgré mon secours, Les vers sur son autel consument tous les jours.
(Acte III, scène 111.)
Corneille avait dit avant Racine :
Adorez-vous des dieux ou de plerre où de bois?
Plus loin :
Tout heau, Paullne : il entend vos paroles,
Et ce n'est pas un dieu comme vos dieux frivoles, Ioseosibles et sourds, impuissants, mutliés,
De bois, de marbre ou d'or, comme vous les voulez.
3? Le critique Geoffroy trouve cette strophe faible et au-dessous du génie lyrique de Racine.
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Et d'enfants à sa table une riante troupe Semble boire avec lui la joie à pleine coupe.
LE CHOEUR
Heureux, dit-on , le peuple florissant . Sur qui ces biens coulent en abondance :
Plus heureux le peuple innocent Qui dans le Dieu du ciel a mis sa confiance !
UNE ISRAÉËLITE, Seule.
Pour contenter ses frivoles désirs, L'homme insensé vainement se consume :
Jl trouve l'amertume Au milieu des plaisirs.
UNE AUTRE, Seule.
Le bonheur de l’impie est toujours agité :
Jl erre à la merci de sa propre inconstance.
Ne cherchons la félicité Que dans la paix de l'innocence.
LA MÈME, avec une autre.
O douce paix !
O lumière éternelle !
Beauté toujours nouvelle!
Heureux le cœur épris de tes attraits!
O douce paix!
Ileureux le cœur qui ne te perd jamais!
LE CHOEUR
O douce paix!
O lumière éteruelle !
Beauté toujours nouvelle!
Heureux le cœur qui né te perd jamais !
LA MÈME, Seule.
Nulle paix pour l'impie. 11 la cherche, elle fuit, Et le calme en son cœur ne trouve point de place : Le glaive au dehors le poursuit; Le remords au dedans le glace.
UNE AUTRE
La gloire des méchants en un moment s'éteint : L'affreux tombeau pour jamais les dévore.
* Virgile, encore plus hardi , n'a pas craint de dire que Didon buvait l'amour à longs traits avec la liqueur qui remplissait sa coupe d'or.
Jean-Baptiste Rousseau :
La céleste troupe, Dans ce jus vanté, Boit à pleine coupe L'immortalité.
Je n'ose pas assurer que celte hardiesse soit jnstifiée par l'exactitude du sens; mais il ne faut pas être trop sévère avec les poëlcs, on leur couperait les ailes.
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La vengeance est dans son cœur, Et la pitié dans sa bouche.
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% JLn'en est pas ainsi de celui qui te craint : % Jlrenaîtra, mon Dieu, plus brillant que l'aurore.
LE CHOEUR. La fraude adroite et subtile
Sème de fleurs son chemin ; Mais sur ses pas vient enfin Le repentir inutile *.
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O douce paix!
Heureux le cœur qui ne te perd jamais!
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ÉLISE
Mes sœurs, j'entends du bruit dans la chambre prochuine; UNE ISRAÉLITE, Seule.
% On nous appelle; allons rejoindre notre reine. D'un souffle l'aquilon écarte les nuages ; oÿe 11 chasse au loin la foudre et les orages : Te Un roi sage, ennemi du langage menteur, À Écarte d'un regard le perfide imposteur.
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À UNE AUTRE
J'admire un roi victorieux,
Que sa valeur conduit triomphant en tous lieux ; Mais un roi sage et qui hait l'injustice, .
Qui sous la loi du riche impérieux A Ne souffre point que le pauvre gémisse,
Est le plus beau présent des cieux ?.
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