‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 394 sur 914 · UNE DES PLUS JEUNES ISRAÉLITES · texte numérisé non relu

UNE DES PLUS JEUNES ISRAÉLITES

Parlons plus bas, mes sœurs. Ciel! si quelque infidèle Écoutant nos discours, nous alloit déceler !

ÉLISE

Quoi! fille d'Abraham, une crainte mortelle Semble déjà vous faire chanceler !

Hé! si l’impie Aman, dans sa main homicide Faisant luire à vos veux un glaive menaçant, À blasphémer le nom du Tout-Puissant

Vouloit forcer votre bouche timide !

UNE AUTRE ISRAÉLITE

Pent-être Assuérus, frémissant de courroux, Si nous ne courbons les genoux Devant une muette idole, Commandera qu'on nous immole.

Chère sœur, que choisirez-vous ?

et l'apostrophe si bien enchâssée dans la période, qu'on ne s'aperçoit de cette hardiesse, toute grecque ou latine, que pour approuver le poëête.

1 Aveuglé du culte de ses dieux me paraît une expression pleine de sens et de hardiesse. L'idolâtrie est une erreur , une erreur estun voile jeté sur les yeux et sur la raison : donc Racine a pu dire aveugle du culle de ses dieux. Coraeille, dans Polyeucte, a dit avec une heureuse témérité :

Aveugles pour la terre, îls n'aspirent qu'aux cieux.

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