‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 426 sur 914 · O Q LOS G · texte numérisé non relu

O Q LOS G

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DIX-SEPTIÈME SIÈCLE. cd 565

Crois-tu le Saint-Esprit, l'Église universelle,

De tous les saints épars l'alliance fidelle,

Le pardon des péchés, et le réveil des morts,

Et la gloire sans fin des âmes et des corps?

— Je le crois , dit le prince, et renonce aux idoles. »

Le pontife , content , ajoute ces paroles :

a Courbe-toi, fier Sicambre, au vrai Dieu sois soumis, Et garde ta fierté contre tes ennemis.

Brise le vil métal que tes mains encensèrent ; Rétablis les autels que les Francs renversèrent; Adore le vrai Dieu , qui ’a fait triomphant,

Qui L'arrache aux démons, t'adopte pour enfant,

Et te promet au ciel d'immortelles couronnes.

Le poëte raconte ensuile le miracle de la sainte ampoule, apportée par une colombe, et continue ainsi par la bouche de Saint-Remi :

O le plus cher à Dien des rois de l'univers,

En toi sont accomplis les prophétiques vers

De ce chant renommé, qu'un titre mémorahle A marqué pour les lis, dans le livre adorable, Et qui semble annoncer ta grâce , tes vertus, Et tes fiers ennemis sous ta force abattus.

a Ton cœur, dit ce prophète, a chéri la justice, A toujours détesté la fraude et la malice.

Aussi le Tout-Puissant fait de (oi l'heureux choix, Te sacre de sa main, et te fait roi des rois, T'établit pour l'aîné des fils de son Église. »

Après nous avoir montré les Francs de Clovis suivant l'exemple de leur chef et recevant l'eau sainte du baptême , le poëte termine par ces vers :

Enfin le grand monarque et sa royale cour, Comblés des biens du Ciel, en ce célèbre jour,

Quand de deux chœurs divers les voix harmonieuses .

Eurent chanté de Dieu les faveurs glorieuses, Sortent du riche temple, en silence et contents, Parmi les vœux du peuple et ses cris éclatants.

Le roi passe à pas lents parmi la foule épaisse,

Qui se fend avec bruit, qui s’écarte et se presse, Admirant son éclat doux et majestueux,

Puis reméle soudain ses flots tumultueux.

Comme aux fêtes du saint qu'un grand sénat honore, S'avance dans la mer le vaste Bucentaure,

De sa proue au front d'or el de son corps pompeux, Fièrement en deux parts fend les flots écumeux ; Mais à peine a passé le vaisseau magnifique

Qu'aussitôt se rejoint la vague adrialique'.

À peine les François ont quitté le saint lieu,

Qu'ils font de leurs faux dieux sacrifice au vrai Dieu. Bientôt on voit tomber toute image profane,

Et Jupiter, et Mars, et Junon, et Diane;

Leurs membres sont épars. Les chrétiens satisfaits Détruisent à l'envi ces chefs-d'œuvre parfaits, Gloire de l’art savant qui les fit admirables,

Honte du cœur humain, qui les crut adorables *.

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