‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 439 sur 914 · ES HR ER AD ES ES ES AS AS AN · texte numérisé non relu

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DIX-SEPTI

Tristan -l'Hermite (François), naquit, en 1601, dans

la Marche , au château de Souliers. Ce poëte se faisait

J, gloire de descendre du fameux Tristan-l'Hermite, grand- # prévôt de Louis XI, et de Pierre l'Hermite, qui précha > la première croisade. A treize ans, il entra à la cour, comme page du marquis de Verneuil, fils naturel d'Henri IV, et se battit en duel avec un garde du corps, qu'il 4; eut le malheur de tuer. Il s'enfuit en Angleterre pour se s soustraire à la rigueur des édits de Richelieu contre le 4 duel. Son intention était de repasser en France, et de

ce gagner l'Espagne, où il avait un riche parent, du nom Ge de Jean Vélasquez. Le défaut d'argent l'empêcha de 4 faire ce voyage. Recueiïlli par le poëte Scévole de Sainte- . Martbe, il trouva un asile dans sa maison de Loude dun, et y demeura caché pendant quinze ou seize mois.

Sainte-Marthe, ayant reconnu le talent poétique de son 1 hôte, l'excita par les plus vives instances à persévérer dans le culte des muses, et pour lui en fournir le moyen, il lui fit obtenir la place de secrétaire du marquis de Villars-Montpezot. En 1620, Tristan, se trouvant à Bordeaux avec ce seigneur , la cour vint à s'arrêter quelques jours dans la ville. Notre poëte, las de son obscurité, osa révéler son nom ct sa naissance à M. d'Humières, premier gentilhomme de la chambre , qui left

% rentrer en gräce. Il n'avait alors que dix-huit ans. On se prétend que Tristan a raconté ses malheurs dans sun ou- 4 vrage en prose, le Page disgracié, dont il n’a donné que . deux livres. De retour à Paris, Tristan fut attaché, en cie qualité de gentilhomme, à Gaston d'Orléans. C'est en 1637 que parut sa tragédie de Marianne. Elle obtint un de succès immense. Quoique le talent du célèbre acteur Mon-

dor y eùt beaucoup contribué à ce succès, on ne saurait nier que la pièce ne renfermäât des beautés réelles. Si le plan

«© témoigne de l'enfance de l'art, on doit reconnaître que la ce force du sujct fait jaillir, sous la plume de Tristan, quel- . ques scènes pleines d'intérèt. Le poëte a trouvé le secret > d'arracher des larmes par des mouvements dramatiques, Le et par l'expression souvent heureuse des passions. Telles “* sont la scène entre Marianne et Hérode, et celle où cette “ reine inforlunée recommande à Dieu ses enfants. Pour- L quoi le poëte n'a-t-il pas montré les enfants de Marianne, venant dire à leur mère le dernier adieu. L'entre- Fe vue était le motif très-naturel d'une scène déchirante. ss Au quatrième acte, Tristan fait intervenir malbeureusedo ment la mère de Marianvue , et lui donne un caractère > d'invraisemblance choquante. On a dit que les furenrs ae d'Hérode, au dernier acte, produisaient un grand effet

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dans la bouche de Moudory. Cependant , comme pensée, comme inspiration , comme style, tout y est faux, exagéré, de mauvais goût. Le caractère de Marianne me parait heureusement dessiné ; c'est, à mon avis, un des

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