‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 446 sur 914 · CS · texte numérisé non relu

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Marianne, après avoir remercié de sa compassion l'officier Ta haute providence ouvrira l'œil sur eux; chargé de la conduire au supplice, parle de ses fils en vers Imprime dans leur cœur ton amour et ta crainte; ?

froids et prosaïiques , aù l'ou ue sent rien des angoisses de l'a- Fai ‘ils brûlent tou: d' d os mour maternel, au moment d'une séparation si cruelle. Mais ais qu ils brulent toujours d une ardeur toutesainte,

écoutons les deruières paroles de la victime : Qu'ils portent en leur cœur le résolu penser De mourir mille fois plutôt que t'offenser ;

Que jamais nul excès de tristesse ou de joie Ils restent sans appui; mais, 6 grand Dieu, j'espère | Ne détourne leurs pas de ta céleste voie ; Que tu leur serviras de sapport et de père, Et s'ils sont opprimés en observant ta lot, Et que pour les conduire , en ces temps dangereux, Que, vivant sans reproche, ils meurent comme moi’.

vers qui pourrait être tragique, avec la même pensée autrement rendue. Ce n'est p1s l'amour , c'est Marianne qu'il fallait implorer ici avec un cri passionné. Le barbare Hérode, forcé au pardon par l’ascendant de Marianne, et redemandant à la femme qu'il voulait envoyer à la mort. l'effort sublime d'aimer son meurtrier, pouvait causer une émotion profonde. Voilà ce que Tristan n'a point senti, Voltaire lui-même , ordinairement si tragique dans la peinture des orages du cœur, se montre d'abord ici très-inférieur à lui-même.

Que dis-je? Son trépas, l'affront fait à tes lils, Sont les moindres forfaits que mon cœur ait commis. lérode a jusqu'à tot porté sa barbarie; Durant quelques moments je t'ai même baie.

J'at fait plus : ma fureur a pute soupçonner, Et l'effort des vertus et de me parduuner; L'un trait si génereux ton cœur seul est capable. Vius Ittrode à tes yeux doit paraltre coupable, Plus ta grandeur éclute à respecter en mol Ces væœads infortunés qui m'unissent à tol.

Tu vols où je m'emporte. et quelleest ma falblesse; Garde-tol d'abuser du trouhle qui me presse.

Cher et cruel objet d'amour et de fureur, - Si du moins la pitié peut entrer dans ton cœur, Calme l'affreux désurdre vù mon âme s'éyare.

Je n'en murmure point , je connais tout mon crime. Î |

; C'en est fait, je me rends, hannissez votre effrol; | bulsque vous m'avez vu, vous triomphez de moi, ; Vous n'avez pius besoin d'excusce et de défense ; | Ma tendresse pour vous vous tient lieu d'innocence.

En est-ce assez, Ô Clel! en est-ce assez. Aunour!

C'est mol qui vous impiore et qui treiuble à mon tour. | | |

Quand j'al tont pardonne, seral-je seul coupable? 4 Voilà sans doute quelle était , à toutes les heures du jour,

la prière de l'héroïque mère des Machabées . qui. présente au supplice de ses fils, et montrant à leur courage les palmes du ciel pour prix de leur martyre, mourut après eux, avec une sublime espérance dans le cœur.

Tristan s'est rappelé ici une chose entièrement oubliée par Voltaire : c'est que, fille d'ungrand-prêtre des juifs et nourrie dans le temple, an milien des sacritices, Marianne devait remettre ses enfants à la garde du Seigneur.

Le reste de la tirade ne vaut guère mieux ; mais le poête se relève bientôt. sans cependant avoir encore toute l'éloquence d'une situation si tragique.

Eb, bien! J'al fait périr et ton père et ton rol; J'ai répandu son sang pour régner avec tol; Ta Laine en est le prix, ta haine est légitime :

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