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Encore si d'un règne acquis par violence
La suite eût excusé la tragique naissance ;
Mais toujours, sur un trône injuste et profané, Le crime avec Tarquin demeura couronné,
S'il a donc par le crime une couronne acquise, S'il en usa plus mal qu'il ne l'avoit conquise, Quand Rome l'a chassé, quand Rome l'a banni, N'est-ce pas un tyran que sa haine a puni?
Ainsi Rome a donné de glorieuses marques
De ce juste respect qu’elle a pour les monarques : Peut-elle mieux montrer qu’elle honore les rois Qu'en punissant celui qui dérobe leurs droits,
Et dont l'âme de sang , injuste et déloyale, Souille avec tant d'horreur la majesté royale ? Cette ville invincible en vient de mériter
Que les secours du Ciel la vinssent assister.
Jette l'œil sur Horace et sur son aventure :
A-t-elle quelques traits qui soient de la nature ? Avoir, seul, combattu mille et mille soldats; Avoir, seul, arrêté leur fureur et leurs pas ; Avoir, seul, tout couvert de splendeur et de gloire, Aux armes de deux rois dérobé la victoire,
C'est sans doute un effet que l’homme audacieux Ne peut s’attribuer sans le ravir aux dieux;
C'est sans doute un effet qui doit assez t'instruire Que tous les dieux en lui soutiennent notre empire *.
horribles de son crime jusque devant ses dieux pénates , dont la colère ne tarda point à faire éclater la catastrophe qui devait renverser un règne commencé sous de si funestes auspices. » On lit, un peu plus haut , S xLvI, au sujet du meurtre de Tul. lius Servius , assassiné par Tarquin , son geudre : « Le palais de nos rois reproduisit un exemple des crimes de la scène tragique, saus doute pour que la royauté, devenue odieuse, hâtât la naissance de notre liberté, et qu'un roi couronné par le crime fût le dernier de nos rois. »
‘ Encore deux excellents vers.
3 Ce caractère re'igieux, mêlé à l'enthousiasme inspiré par une belle action , rappelle que le peuple romain avait été institué par le vertueux Numa. Du reste , on ne pouvait pas tirer ua parti plus heureux de l'aventure miraculeuse d'Horatius Coclès , sur laquelle Du Ryer à fait ce beau vers :
1 remplit tout le pont de sa seule personne.
On se rappelle , à ce sujet, le mot célèbre d’un soldat qui, syaut pris à lui seul plusieurs ennemis, répondit à la question : « Comment as-tu fait pour te rendre maître de ces hommes ? — Je les ai environnés. » Un lit dans Tite-Live : « Hurace reçoit tous les traits des Étrusques sur son bouclier, et s'obsiine toujours à couvrir le pont , qu'il parcourt à grands pas et semble occuper tout entier, Enfin les ennemis se disposaient à renverser par leur choc ce sublime adversaire, lorsque le fracas du pont , rompu derrière lui, et les cris de juie des Romains, à la vue du succès de leur ouvrage, suspendirent , par un mouvement d'effroi , l'attaque des troupes de Porsenne. Alors Coclès : « Dieu du Tibre , dieu paternel de Rome, je t'en con- » jure, accueille dans ton sein propice un soldat avec ses armes.» Aussitôt il s'élance, tout armé, dans le Tibre, et, malgré une foule de traits lancés sur lui seul, arrive, à la nage et sain et RQ SP ET OUR PAL Fe
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Cependant, à prodige! un roi si glorieux
Combat pour un tyran contre Rome et les dieux; Il cherche pour le crime une infâme victoire,
Et met tout l'univers en doute de sa gloire.
Cherche, cherche des noms et plus beaux et plus grands Que de restaurateur du crime des tyrans.
Pour moi, qui te souhaite une palme honorahle, Pour moi, que tes bontés te rendent redevable, J'ai cru, pour m'acquitter, te devoir ce discours, Qui doit sauver ta gloire et peut-être tes jours.