ACTE V, SCÈNE IV
LADISLAS
Vans socs conserver ou venger votre race?
M'annoncez-vous, mon père,ou ma mort ou ma grâce?
VENCESLAS, pleurant.
Embrassez-moi, mon fils.
| * La Harpe remarque avec raison que ces beaux vers ont, en outre, le mérite de motiver l'ambition de Ladislas, et de préparer le dénoïment. « En effet, ce dialogne, dit La Harpe,
m'a toujours paru admirable : il est parfa‘tement adapté aux
circonstances et aux personnes : il a surtout un caractère de
simpiicité, rare dans tous les temps , mais alürs absolument
ignoré, puisqu'on ne trouve rien, mêrue dans Corneille, qui
ressemble an ton de cette scène. Il y a des mots d'une vérité
précieuse. Ladislas, par exemnple. lorsqu'on lui parle de son
frère, conserve , au milieu de son trouble, toute la fierté qni lui est naturelle. M'a-til pas satisfait ? ce sont des traits qui peignent l'homme. il ne se récrie pas sur l'horreur d'attenter aux jours «te son frère, mais sur ce qu'il en est incapable, après avo'r reçu satisfaction, De même, lorsqu'il avoue qu'il a mérité la mort en tuant le duc, lorsqu'il dit : J'en suis l'homicide , ll ajoute sur-le-chanp:mai j'ai dù l'élre. C'est toujours Ladislas. »
L'extrème vieillesse de Venceslas et l'affaiblissement qui en e:t la suite, sont une des causes de l'au tace de son fils et de l'impatience qu'il a de régner; et de plus, le vieux monarque finit par abdiquer la couronne en faveur du prince. Enfin on ne peut pardonner qu'à la faiblesse de l'âge de Venceslas l'excès d'induigence qu'il témoigne dans les premiers actes, et qui lui fait tolérer les torts de Ladislas.. On éprouve quelque plaisir à trouver dans un ouvrage composé il y a cent cinquante ane, une entente si juste de l'une des parties de l'art les plns difficiles, et qui n'a jamais été bien connue et bien appréciée que par le grand talent , ceile Ce ramener tout à l'unité du dessein. »
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