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VENCESLAS, le relevant.
Levez-vous ! une couronne, prince, Sous qui j'ai, quarante ans, régi cette province, Qui passera sans tache en un règne futur , Et dont tous les fleurons ont un éclat si pur , En qui la voix des grands et le commun suffrage M'ont d'un nombre d'aïeux conservé l'héritage, Est l'unique moyen que j'ai pu concevoir Pour , en votre faveur, désarmer mon pouvoir ; Je ne vous puis sauver tant qu'elle sera mienne : J1 faut que votre tête ou tombe ou la soutienne ; II vous en faut pourvoir , s'il vous faut He Et punir votre crime, ou bien le couronner !
L'état vous la souhaite * , et le peuple m ‘enseigne, Voulant que vous viviez. , qu'il est las que je règne; La justice est aux rois la reine des vertus, Et me vouloir injnste est ne me vouloir plus. Régnez! après l'état, j'ai droit de vous élire, Et donner, en mon fils, un père à mon empire.
. Il lui donne la couronne.
LADISLAS
Que faites-vous, grand roi ?
VENCESLAS
M'appeler de ce nom,
C'est hors de mon pouvoir mettre votre pardon. Je ne veux plus d'un rang où je vous suis contraire; Soyez roi, Ladislas, et moi je serai père ?.
LADISLAS
Si vous ne pouvez être et mon père et mon roi, Puis-je être votre fils et vous donner la loi ? Sans peine je renonce à ce degré suprème :
Abandonnez plutôt un fils qu'un diadème.
VENCESLAS
Je n'y prétends plus rien; ne me le rendez pas :
Qui pardonne à son roi puniroit Ladislas ; Et sans cet ornement feroit tomber sa tête.
LADISLAS
À vos ordres , seigneur , la voilà toute prûte ;
‘ Ce beau vers ne saurait effacer la langueur et les répétitions des vers précédents.
3 La ne se rapporte à rien ; mais on sent bien que , dans la pensée de l'auteur, il s'agit de la couronne.
# L'un des plus admiralles vers de la scène ; mais, pour en sentir toute la beauté, il faut l'avoir entendu pr'noncer sur le théâtre par l'acteur Brisard , qui avait une belle figure de vieillard et des entrailles de père. C est ce même ac'eur qui fit courir tout Paris aux représentations du Roi Léar de Ducis.
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