‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 471 sur 914 · ACTE 11, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE 11, SCENE II

Le vieux Cosroës, séduit par Sira, offre la couronne à Mardesane , au mépris des droits de Siroès. Mardesane , après avoir exprimé d'abord, en vers assez lâächement écrits, les raisons de sou refus, continue ainsi :

MARDESANE, montrant son béton de général.

” Le bâton, sans un sceptre, honore assez mon bras, O grand roi ! par le Ciel qui préside aux états;

Par ses soins prévoyants qui font fleurir le vôtre ; Par le sang de Cyrus, noble source du nôtre;

Par l'ombre d'Hormisdas, par ce bras indompté D'Héraclius encore aujourd'hui redouté.

Souffrez-moi de l'empire un mépris salutaire,

Et sauvez ma vertu de l'amour d'une mère; Songez de quels périls vous me faites l'objet,

Si votre complaisance approuve son projet.

Des satrapes mon frère a les intellizences,

Et cette occasion qui s'offre à leurs vengeances Donne un pieux prétexte à leurs soulèvements,

Et va faire éclater tous leurs ressentiments.

Un Palniras, enflé de tant de renommée,

Démis de ses emplois et chassé de l'armée;

Un Pharmace , un Saïn, dont les pères proscrits D'une haine secrète animent les esprits, Peuvent-ils négliger l'occasion si belle,

Quand elle se présente, ou plutôt les appelle ?

Si l'ennemi, le droit, les grands, sont contre moi, Au parti malheureux qui gardera la foi?

Par qui l'autorité que vous aurez quittée Sera-t-elle , en ce trouble, ou crainte ou respectée , Si, pour donner des lois, il les faut violer? : En m'honorant, seigneur, craignez de m'immoler. Qui veut faire usurper un droit illégitime

Souvent, au lieu d’un roi, couronne une victime, Et l'état est le temple, et le trône l'autel

Où cette infortunée attend le coup mortel”.

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