‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 470 sur 914 · ACTE II, SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE

CUSROËS, à part et dans un accès de démence.

Noires divinités, filles impitoyables,

Des vengeances du Ciel ministres effroyables", Cruelles , redoublez ou cessez votre effort ,

Pour me laisser Ja vie ou me donner la mort.

Ce corps n'a plus d'endroit exempt de vos blessures ; Voscouleuvresn'ontplusoù marquer leursmorsures, Et de tant de chemins que vous m'avez ouverts, Je n'en trouve pas un qui me mène aux enfers.

Ce n'estqu'en m'épargnant que la mort m'est cruelle ; Je ne puis arriver où mon père m'appelle.

Achevez de me perdre, au fond de son tombeau Enfermez avec lui son fils et son bourreau.

Quoi! n’entendez-vous pas, du fond de cet abime, Une effroyable voix me reprocher mon crime,

Et, me peignant l'horreur de cet acte inhumain, Contre mon propre flanc solliciter ma main ?

N'apercevez-vous pas, dans cet épais nuage,

De mon père expirant la ténébreuse image,

M ordonner de sortir de son trône usurpé,

Et me montrer l'endroit par où je l’ai frappé“?

° ® Le U . , ° . . .

Oh! dangereux poison ! fureur des grandes âmes, Maudite ambition, dont je crus trop les flammes ?, Et qui, pour assouvir, ne peux rien épargner, Que tu m'as vendu cher le plaisir de régner !

‘ Les épithèles qui riment ensemble font un mauvais effct, parce qu'il est trop aisé de les placer ainsi pour clore un vers.

? Tout ce morceau, sans avoir cette vigneur d'exprexsion des fureurs d'Oreste dans l'Andromaque de Racine, cst purement écrit. Il eût été facile de corriger le dernier vers en disaut :

Et me montrer la place où son fils l'a frappé.

3 Ou nc croit pas des flammes.

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