‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 477 sur 914 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

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SIRA

H é bien ! traître , te voilà roi :

La pointe de mes traits a tourné contre moi; Mais si la liberté m'étoit encore offerte, Je ne m'en servirois que pour causer ta perte. Est-ce assez? Les témoins sont ici supertflus, Mon procès est bien court : allons, n'hésitez plus.

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SIROËS.

J'admire ce grand cœur, et nous devons, madame, Un renom mémorable à cette force d'âme.

Vous avez dans l'état, avec ce grand courroux, Fait de grands changements, mais funestes pour vous.

‘ SIRA. "

Eh! que m'importe à moi que mon sort soit funeste !

Ma plus vive douleur, c'est le bien qui te reste;

4 Ce qu'il faut estimer dans ce discours, c'est l'absence de °C toute exagération dans les paroles : elles sont fortes et rendues avec simplicité. Pas de ces traits sublimes de Corneille, mais se qui, trop souvent accompagnés d'hyperboles, ôtent le caractère de vérité aux sentiments du personnage. UE

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Je plaindrois peu la vie , et mourrois sans effort, Si, sujet de mon fils, tu survivois ma mort, Ou si de tes destins j'avois tranché la trame.

SIROËS.

| Les trouvez-vous des témoins suffisants, Ou faut-il autre chose, afin de vous confondre ?

SIROES. SIRA.

C'étoient de grands desseins pour la main d'une femme, Et qui méritoient bien d'en délibérer mieux Qu’'avec l'ambition qui vous fermoit les yeux.

Il faut ou plus de force ou plus d'heur qu'on n'estime Pour exclure du trône un prince légitime; SIROËS. Les funestes complots tramés contre ses jours

À son sein désarmé n'arrivent pas toujours :

Vous l'éprouvez, madame. A vec ce grand courage, Qui, pour me renverser, a tout mis en usage, Avec tout cet effort, qu'avez-vous avancé?

Sur qui tombe ce foudre? où l'avez-vous lancé ? CE

Sur la tête où vos mains portoient mon diadème,

Sur celle de mon père et sur la vôtre même.

Par quel aveuglement n’avez-vous pas jugé

Que par les justes dieux je servis protégé ? Au cinquième acte, Rotrou met en présence le vieux Cos-

Doutez-vous que l'objet de leurs soins plus augustes | M"°Ÿs Siroës , le nouveau ro. et ses conseillers, qui, comme

Soil l'inté lé roi | PSN EDR les lâches ministres de Ptolémée, demandent au prince d'affer- Soit l'intérêt des rois dont les causes sont justes? mir son trôue par un assassinat bien plus affreux encore que

celui du grand Pompée.

Quand j'ai tout avoué, je n'ai rien à répondre; . + . Etmon plus grand forfait Est, non d'avoir osé, mais osé sans effet.

Les instruments du mal le seront du supplice : Choisissez l'un des deux, et faites-vous justice '.

SIRA

Ils l'ont mal témoigné, quittant notre parti,

Et faisant pour le tien ce qu'ils ont consenti. ACTE V, SCÈNE IV. Mais, qu'ils veillent ou non sur les choses humaines, Au fait dont il s'agit ces questions sont vaines. Prononce mon arrêt, chasse-moi de ces lieux, Tyran, délivre-moi de l'horreur de tes yeur : | Chaque trait m'en punit, chaque regard m'en tue, J *’ADMIRE la vertu qu’un sceptre nous apporte : Et mon plus grand supplice est celui de ta vue. Vous le méritez, sire, avec cette àäme forte;

Et c'est en ce grand cœur qu'on ne méconnoit plus

PALMIRAS.

SIROËS. L'héritier d'Artaxerce et le sang de Cyrus. Il faut vous affranchir d'un si cruel tourment, Vous vaincrez tout, grand prince, en vous vain- Aux satrapes. (quant vous-même ; Princes, délivrez-l'en par votre jugement ! Mais il reste une épreuve à cette force extrême, se Et c'est ici qu'il faut montrer tout Siroës.

Délibère, cruel, consulte tes ministres; Nos malheurs sont le fruit de leurs avis sinistres ; : Si l'on eût pensé à remettre Cosroës au théâtre dans les Ce reste de proscrits échappés aux bourreaux premiers temps de la restauration des Hourbons, assurément

er plusieurs passages de cette scène auraient obtenu un succès Ne pouvoit s'élever que dessus nos tombeaux , d'enthousiasme , et les partisans de la dynastie auraient porté

Et ne peut recouvrer que par notre disgrâce, aux nues le nom du vieux Rotrou. La scène tout entière est Dans l'état, le haut rang où ta main les replace. d'ailleurs fort belle, et sans déclamation aucune.

Jls ont grand intérêt en la mort que j'attends ; Fe fpAlGE

Ne crains point : leurs conseils iront où tu prétends. Ou m'a de votre part apporté ces présents,

Hé bien, perfide' et vous, lîches suppôts de traitres, | 4evient sublime par sa simplicité et par la péripétie imprévuc

Qu’avez-vous résolu, mes juges et mes maitres ? et terrible qu'il produit. : È ; 2 Ces deux vers :

SIROËS, montrant le poison et le poignard qui lui étoient destinés Les instruments du mal le seront du supplice: | ° Choisissez l'un des deux , et falies-vous jusuice;

On m'a de votre part apporté ces présents. achèvent , en redoublant le coup déjà porté, l'effet de la pu-

SIRA nition du crime qui a fourni lui-même les instruments de sa s. perte.

Eh bien”... Une seule scène de ce mérite décèlerait un poîte dramatique. SN MAC Se AR nn Rob Tue Nes re ou se RO dE Et ee SR CNE D gr pepe enr ne ln bem AT EEE TETE TE ES EU EU EE TE 0 RTE ST DS D TT ER DE

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