MASSINISSE
Mais , pour le juste prix d'une vertu si haute,
Si par de plus grands biens que ceux qu'elle nous ôte, L’inconstante n'ajoute à vos prospérités, Vous avez beaucoup moins que vous ne méritez. Assez de conquérants , à force de puissance, Rangent des nations à leur obéissance ;
| Mais fort peu savent l'art de vaincre les esprits, Et de bien mériter les sceptres qu’ils ont pris".
Il n'appartient qu'à vous de faire l'un et l’autre; C'est la propre vertu d’un cœur comme le vôtre : Mème c'est un destin, que les rois ennemis
Sont d'abord odieux à ceux qu'ils ont soumis,
à Où votre courtoisie, à vainqueur débonnaire, ss Fait un miracle en moi, qui n'est pas ordinaire. c Tant s’en faut que votre heur m'oblige à murmurer
‘ La rime est excellente ; mais la pensée n'est pas rendue .!.
avec élégance. Corneill: a dit bien mieux : se ds Quand ils ont sous leurs lols asservi des provinces, “ Gourernant justement, {is s'en font justes princes. cs S
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DIX-SEPTIÈME SIÈCLE. AU © cl ” op Que je demande aux dieux de le faire durer; Et, par cette imprudence à sa perte animé,
Et vous n'aurez jamais une grandeur parfaite Ceux qu'il aima jadis et dont il fut aimé. op Que lorsque vous aurez ce que je vous souhaite. e de Les présents que le sort vous fait à mes dépens | ; e % Ne sont pas le sujet des pleurs que je répands. cp “% Je vois votre bonheur sans haine et sans envie, ere . 2 Et je plains seulement le malheur de ma vie, Hs de Qui m'est d'autant plus dur que, m'ayant tout ôté, Le Lo Espérance , repos, fortune, liberté, : | “e “e Pour faire de tout point mon destin pitoyable, SOPHONISBE , à ses femmes, Phénice et Corisbe. © % Il m'ôte le moyen de me rendre croyable ; | ns se Dans la condition du temps où je me voi”, a Péoce vous le voulez, un Je Je vous serai suspecte ou peu digne de foi; Je vous commande donc , comme votre maitresse, Mais n'ayant quasi plus qu'espérer et que craindre, | De contenir si bien la douleur qui vous presse, Se 11 me siéroit fort mal de flatter ou de feindre, Que vos pleurs ni vos cris ne déshonorent pas se Et je me hairois si j'avois racheté : La gloire qui doit suivre un si noble trépas. . L'empire de Syphar par une lâcheté.
N'est-ce point à mes jours une gloire assez grande, Que, tout obscurs qu'ils sont, Rome les appréhende? Nos vainqueurssont vaincus, si nous leur témoignons Qu'ils nous craignent bien plus que nous neles craignons. Sus donc; ne perdons plus en discours inutiles
Le temps qu'il faut donner aux effets plus utiles: Délivrons les Romains de la peur et du mal
LÉLIE , à Massinisse. Que leur pourroit causer la fille d'Asdrubal".
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