‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 505 sur 914 · THÉ TE T · texte numérisé non relu

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do résulution de Rodrigue venait d'un profond désespoir, et qu'il % fût représenté avec de plns vives couleurs. ce passage. au lieu + de toucher au ridicule, pourrait être d'une graude beauté. La Jo froidenr des paroles de Rodrigue prête à ses pensées des dé- . fauts qu'elles u'ont pas.

# Ce discours de Chimène, un peu trop long, un peu trop

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Rodrigue reprend. mais d’une manière diffuse et alambiquée, qui rappelle à Voltaire ces conversations de l'hôtel de Ramboui:let , où l'on quintessenciait des idées sophistiques.

CHIMÈNE

Puisque pour t'empêchier de courir au trépas,

Ta vie et ton honneur sont de foibles appas,

Si jamais je t'añnai, cher Rodrigue, en revanche, Défends-toi maintenant pour m'ôter à don Sanche ; Combats pour nr'affranchir d'une condition

Qui me donne à l'objet de mon aversion.

Te dirai-je encor plus? Va, songe à ta défense, Pour forcer mon devoir, pour m'imposer silence ; Et si {u sens pour moi ton cœur encore épris,

Sors vainqueur d'un combat dont Chimène estle prix. Adieu ; ce mot lâché me fait rougir de honte.

RODRIGUE, Seul.

Est-il quelque ennemi qu'à présent je ne domte ? Paroissez, Navarrois, Maures et Castillans,

Et tout ce que l'Espagne a produit de vaillants ; Unissez-vous ensemble, et faites une armée,

Pour combattre une main de la sorte animée ; Joignez tous vos efforts contre un espoir si doux : Pour en venir à bout, c'est trop peu que de vous*.

seuié d'autithèses, respire cependant une passion vraie; et, par une de ces contradictions si coinnmunues dans les caractères passionnés, Chimèue , eu ne paraissant touchée que de l'hoaneur du Cid, veut qu'il le défende, et ne veut pas qu'il meure de la main de don Sanche. A propos du deruier vers. qui achève de nous révéler le sentiment qui agite Chirmèae, Voltaire a dit : « Ce vers est également adroit et passionné ; il est plein d'art, mais de cet art que la nature inspire : i me parait adwirable. »

4 Cette rép'ique de Chimène respire toujours une passion ardentr et vraie ; elle s'échappe du cœur, qui voudrait et ne peut la retenir. Mais où Chünène puiserait-elle des forces pour se modérer elle-wème, dans une situation aussi déchirante que la sienne ? Elle admire. elle honore Rodrigue, qui veut mourir pour lui complaire ; elle hait don Sanche, et sa victoire Ini ferait ‘orreur. Dans cette cruelle perplexité, son cœur s'ouvre, et nous en enteudons sortir un aveu qui réveille l'espérance du bonheur et l'amour de la gloire dans le Cid. Suivant Voltaire, le deruier vers est peut-&cre le plus beau de la pièce, et il obtient grâce pour les sentiments un peu hors de nature que l'on trouve daus cette scèue , traitée d'ailleurs avec une grande supériorité de gén'e.

3 « Je ne sais pourquoi, dit Voltaire, on supprime ce morceau dans les représeutations. Paraissez, Nararrois, était passé ea proverbe, et c'est pour cela mème qu'il faut réciler ces vers. Cet enthousiasme de valeur et d'espérance messicd-t-il au Cid , eucouragé par 8a maitresse. » Voltaire aurait dû ajonter que la scèue finit admirablement par cette exclamation, qui sert encore à augmenter l'effet dramatique du cri d'amour prunoncé par Chinèue, hors d'elle même, et dont il est le dernier ad.eu.

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