‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 51 sur 914 · RS RE · texte numérisé non relu

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Adam la verge reprise a,

En la mer fiert par mautalent ; Un chien en saut hastivement.

Quant vit le leu, si lesse corre Por la brebiz qu'il velt rescorre.

Il li request : moult à enviz L’a laissé li leus la brebiz;

Si feroit-il encor demain

S'il la tenoit n’à bois n'à plain.

Por ce que mesfet ot li leus Au bois s’en foui tot honteus.

Quant Adam ot son chien et sa beste, Si en ot grant joie et grant feste.

Selon la sentence del livre Ces deus bestes ne puent vivre, Ne durer mie longement, S’eles n'estoient avec gent.

Toutes les foiz c’Adam féri En la mer , que beste en issi, Cele beste si retenoient Quele que fust , et aprivoient.

Celes que Eves en fist issir, Ne pot-il onques retenir; Sitost con de la mer issoient Après le leu au bois aloient.

Les Evain asauvagisvient

Et les Adam aprivoisoient.

Le Roman du Renard a été célèbre dès le commencement du treizième siècle, et la preuve en existe dans ce qu'en a «lit Gautier de Coinsi, prieur de Vic-sur - Aisne, mort en 1236. Dans plusieurs des contes dévots qu'il a traduits ou composés en 1255, sous le titre de Miracles de la F'ierge , il cite le Roman du Renard comme un ouvrage très-répandu, puisqu'en parlant de ses contes il dit que

Plas delitout sont si fait conte As boues gens‘ par Saint Omer, Que de ftenart ne de Roumer, Ne de Tardiu le limeçon.

11 dit ailleurs que le succès de ce roman était déjà tel, que plusieurs personnes en faisaient peindre les aventures dans leurs appartements. Il reproche mème à certains provoires (prètres, d'où, chez nous, la rue des Prou-

‘ Personnes pieuses.

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frappa la mer tout en colère. Un chien en saute précipitaemment. Quand il voit le loup, il se met à courir après, à cause de la brebis qu'il veut secourir. Il la lui redemande : le loup, à son grand regret , la lui laisse. Ainsi ferait-il encore demain , s’il la tenait dans ces bois ou dans une plaine. Le loup, à cause de cette mésaventure, s’enfuit au bois tout honteux.

Quand Adam eut son chien et sa bête, il en eut grande joie et grande fête. Selon ce que porte le livre, ces deux bêtes ne peuvent vivre ni durer longuement , si elles n'étaient en compagnie de l'homme...

Toutes les fois qu'Adam frappa en la mer, une bête en sortit , et cette bête, on la retenait, quelle qu’elle fût, et on l'aprivoisait. Cel!es qu'Eve fit sortir ,il fut impossible de les retenir. Aussitôt qu'elles sortaient de la mer , elles allaient au bois rejoindre le loup. En un mot, les bêtes d'Eve étaient les bêtes sauvages, celles d'Adam les bètes apprivoisées.

raires) d'employer plutôt leur argent à orner leurs chambres de ces représentations profanes qu'à placer dans leurs églises une image de la Vierge :

En leurs moustiers ne font pas faire Sitost l’image Nostre Dame

Com font Isangria et sa fame

En leur chambres où ils reponnent.

La réputation dont a joui l'ouvrage de Pierre de Saint- Cloud, auteur de la première branche de ce roman, à excité la verve de plusieurs de nos anciens poètes, qui ont imaginé d’autres tours pour yfaire suile, mais en gardant l'anonyme. Richard de Lison est le seul qui se soit fait connaitre.

Le Roman du Renard est une satire dans laquelle on se moque principalement des vices du clergé, grâce aux personnages allégoriques de plusieurs auimaux.

M&on.

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