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“N'ont pu mettre un moment mon esprit en balance;
Et, puisque par ce choix Albe montre en effet Qu'elle n'estime autant que Rome vous a fait",
Je crois faire pour elle autant que vous pour Rome : J'ai le cœur aussi bon, mais enfin je suis homn'e”. Je vois que votre honneur demande tont mon sans, Que tout le mien consiste à vous percer le flanc, Près d'épouxser la sœur, qu'il faut tuer le frère,
Et que pour mon pays j'ai le sort si contraire. Encor qu'à mon devoir je coure sans terreur,
Mon cœur s'en effarouche, et j'en frémis d'horreur ; J'ai pitié de moi-mème , et jette un œil d'envie
Sur ceux dont notre guerre à consumé la vie.
Sans souhait toutefois de pouvoir reculer.
Ce triste et fier L'onneur m'émeut sans m'ébrauler ; J'aime ce qu'il me donne, et je plains ce qu'il m'ôte; Et si Rome demande une vertu pius haute,
Je rends grâces aux dieux de n'être pas Romain, Pour conserver encor quelque chose d'humain *.
HORACE
Si vous n'êtes Romain, soyez digne de l'être,
Et si vous m'ésalez , faites-le mieux paruitre.
La solide vertu dont je fais vanité :
N'admet point de foiblesse avec sa fermeté;
Et c'est mal de l'honneur entrer dans la carrière, Que, dès le premier pas, rezarder en arrière. Notre malheur est grand, il est au plus haut point, Je l'envisage entier, mais je n'en frémis point. Contre qui que ce soit que mon pays m'emploie, J'accepte aveuglément cette gloire avec joie; Celle de recevoir de tels commandements
Doit étonffer en nous tous autres sentiments. Qui, près de le servir, considère autre chose,
À faire ce qu'il doit lâächement se dispose :
Ce droit saint et sacré rompt tout autre lien.
* Cet hémistiche n'est pas français.
3 J'aile cœur aussi bon : cette locution familière, pour dire j'ai le cœur aussi ferme, convient d'autant moins ici, qu'à cause de l'autre acception de l'adjectif bon, qui signifie humain, tendre, facile à vivre, elle fait un non sens de la belle opposition que Corneille a mise entre les deux hémistiches :
Mais enfin je suis homme.
rappelle ce vers de l'Heaulonlimorumenos de Térenre, mot grec composé de deux autres mots, et qui siguifie l'homme qui se punit lui-même.
Homo sum, bumani nibil a me alfenom pute.
Je suis homme ; rien de ce qui intéresse un homme ne m'est étranger.
8 Cette tiradc fit un effet surprenant sur le public, et les deux derniers vers, qui contiennent la plus judicieuse censure de certaines exagérations de la vertu des Spartiates, poussée quelquefois jusqu'à la férocité, sont devenus un proverbe où plutôt une maxime admirable.
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Rome a choisi mon bras : je n'examine rien.
A vec une allégresse aussi pleine et sincère Que j'épousai la sœur, je combattrai le frère; Et, pour trancher enfin ces discours superflus, Alle vous a nommé : je ne vous counois plus”.
CURIACE
Je vous connois encore, et c'est ce qui me tue ; Mais cette âpre verlu ne m'étoil point connue; Comme notre malheur , elle est au plus haut point : Souffrez que je l'admire et ne limite point.