DESIRE
RSSAS SRE EN RETIETT
ee]
Pauline n'avant pu obtenir de son père la grâce de Polyencte, demande pour lui le secours de Sévire, dont l'amour à concu pent-être queique espérance de la perte de l'époux qui Ini a cnlevé une amante adorée. Voici la noble et touchante prière de la vertueusc épouse :
PAULINE
.….BRISONS là : je crains de trop entendre, Et que cette chaleur, qui sent vos premiers feux, Ne pousse quelque suite indigne de tous deux. Sévère, connoissez Pauline tuut entière.
Mon Polyeucte touche à son heure dernière; Pour achever de vivre il n'a plus qu'un moment; Vous en êtes la cause, encor qu'innocemment.
Je ne sais si votre âme, à vos désirs ouverte, Auroit osé former quelque espoir sur sa perte; Mais sachez qu'il n'est point de si cruels trépas Où, d'un front assuré , je ne porte mes pas, Qu'iln'estpointauxenfersd'horreursquejen'endure, Plutôt que de souiller une gloire si pure, Que d'épouser un homme, après son triste sort, Qui de quelque façon soit cause de sa mort Et, si vous me croyiez d’une âme si peu saine, L'amour que j'eus pour vous tourneroit tout en haine. Vous êtes généreux : soyez-le jusqu'au bout; Mon père est en état de vous accorder tout :
Il vous craint ; et j'avance encor cette parole,
Et qu'elle changera, par ce redoublemeut*,
Eu injuste rigueur un juste châtiment.
Nos destins , par vos moins rendus inséparobles, Nous doivent rendre heureux ensemble ou misérables: Et vous seriez cruel jusques au dernier polut,
Si vous désunissiez ce que vous avez joint.
Un cœar à l'autre uni jamais ne se rettre:
Et pour l'en séparer {1 faut qu'on le déchire.
Mais vous êtes sensible à mes justes douleurs,
Et d'un œ!l paternel vous regardez mes pleurs.
FÉLIS.
Oul, ma fille, Îl est vrai qu'un père est toujours père: Rien n'en peut effacer le sscré caractère;
Je porte un cœur seusible , et vous l'avez percé.
Je me jolns avec vous coutre cet Inseusé.
Cette scène est précédée du récit éloquent des transports de l'olyeucte qui, dans la ferveur d'un homme prêt à courir au ciel par le martyre, a renversé dans leur temple les statues des faux dieux. Félix, père de Pauline, entre saisi de frayeur plus encore que d'indignation pour la témérité de son gendre. La mort attend Polyeucte pour prix d'une violence que la religion elle-mème désavoue. Voilà le sujet des prières de Pauline.
°11 est triste que redoublement ne puisse être employé dans cette occasion, le sens est beau. (VOLTAIRE)