CLYTEMNESTRE
Vous ne démentez pas une race funeste;
Oui, vous êtes le sang d’Atrée et de Thyeste : Bourreau de votre fille, il ne vous reste enfin
Que d'en faire à sa mère un horrible festin.
Barbare ! c'est donc là cet heureux sacrifice
Que vos soins préparoient avec tant d'artifice ? Quoi! l'horreur de souscrire à cet ordre inhumain N'a pas, en le traçant, arrèté votre main!
Pourquoi feindre à nos yeux une fausse tristesse ? Pensez-vous par des pleurs prouver votre tendresse? Où sont-ils ces combats que vous avez rendus ? Quels flots de sang pour elle avez-vous répandus ? Quel débris parle ici de votre résistance ?
Quel champ couvert de morts me condamne au silence? Voilà par quels témoins il falloit me prouver , Cruel ! que votre amour a voulu la sauver.
Un oracle fatal ordonne qu'elle expire!
‘ Racine lui- même, en prétant celte prière indirecte et pleine de charme à son Iphigénie, semble justifier la critique
de ce qui précède. Tout le reste est d'un prix ine-timable , et la
mélodie des vers , qui semble nous faire entendre la voix même d'Iphigénie , avec tous les accents que le cœur lui prête, compléte l'enchantement d'une si ravissante poésie. Racine déploie tous les genres d'éloquence dans son admirable tragédie
, CAC.
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