‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 619 sur 914 · HIHI EE · texte numérisé non relu

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AT8 : pi SEPTIÈME , SIÈGLE.. PR, | 2 noir et glâcé ; son sein portait encore les noétrétes este " CRÉUSE. Le qu'il reçut sous les murs de sa patrie. En le voyant, moi-même. éma jusques aux larmes, je crus l'interpeller ainsi : O toi, la he *plAntoN Jeune Romnee; quand LE es habiter . : e | % lumière de Dardanie! 6 la plus ferme espérance des Troyens ! - . ee . ION. > °.. quels si grands retards ont pu te retenir? de quel rivage reviens- R : tu, toi que nous avons attendu si longtemps? Faut-il ne te |. Jtais enfant, au rapport de ceux dl croient savoir ces revoir qu'éprès les funérailles des tiens, après tant de travaux choses. - . Fa op de Troie et de ses peuples ! Quoi! tu nous es rendu quandtout |” - . - cause. - ol succombe sous le faix de la guerre et du malheür ! Mais quelle Quelle ta Delyhience qui vous à nourfi de. son lait ? indigne cause 4 pu troubler la sérénité de ton front , et quelles | | ’ ; ge sont ces blessures que j 'aperçois ?.. » Il pe répond rien à ces nn NT ION. x ae. . vaines questions; mais Lrissant échapper un soupir du fond Je n'ai jamais connu'la mamelle et le lait d'une Le x . de son cœur: « Fuis, .6 fils d'une déesse; arrache-toi à ces . | | . ‘ 7 5 flammes qui t'environnent ; l'ehnemi ‘ccupe nos murs ; Troie : mr CREUSE. Des, 7 tombe du faite de ses grandeurs dans l'abfme ; tu as fait assez © Qui donc a sontequ votre vie ? (Hélas! comme je süis venue pour la patrie et pour Priam.. Si Pergame eût pu être sauvée trouver ici un malheur semblable au mien !> par la main d'un mortel, la mienne l'aurait sauvée. Troie te Do d confie son cute et ses dieux pénates : .prends-les pour compa- |. = ION. gnons dé ta fortune. Cherche pour eux ces superbes remparts . La prétresse que nous regardons comme une mère. . que tu dois fonder après avoir parcouru la vaste étendue des “mers. » Il dit, et ,: dans ses mains augustes il emporte du fond D. | CRÉOSE. - du santtuaire la puissante Vesta, les chastes bandelettes et la | Mais par quel secours êtes-vous PATES l'âge viril? > flamme éternelle qui brûle sur l'autet de la déesse. » Enéide, 9 liv. I 1. : TT - 10N. :

: On a voulu trouver des rapports frappants entre l'on d'Eu- Cet autelet les dons des étrangers qui accourent en foule ripide et l'Athalje de Racine ; fl y-en a effectivement quelques- m'ont fait vivre-jusqu' ici. ES . :

uns. Jon est un enfantinconûu élevé dans le ternple d’Apollon, comme Joas dans la maison du Seigneur ; mais il est plus âgé” que le jeune lévite caché sous le nom d'Éliacin. Comme Joas On sent que toûtes les questions de Créuse, au lieu d’être encore, lon ne connaît pas ses parents : fils d'Apollon uni - | dictées par une vaine curiosité, viennent , .au contraire , d'un aveç une femme mortelle , il a été exposé par elle aussitôt après cœur qui brûle et tremble de connalire la vérité. Que ne res” - sa naissance. Cette femine porte le ngm de Créuse ; alzrmée sur .| sent-êlle pas à chacune des réponses d'Iou qui montrent tant de > le sort de son enfant, dont.elle iguore-.le destin , ‘elle vient | conformité entre le fil: qu'elle regrette et le prêtre qu'elle in- " prier Ion, qu'elle ne conwaît pas , de demander au dieu si cet terroge ! Puis vient la scène des aveux ,’ où l'on trouve encore . enfant voit encore la lumière du jour; mais, forcée à des aveux- : quelques traits touchants , témoin ciel: qui a donné nais- . sans lesquels on ne la comprendrait pas, elle met son aventure |. sance à des vers si connus de Virpile et de Racine : » Si cet enet sa prière sbr le compte d'une amie. Euripide à traité cette | fant vivait, il serait à peu près de votre âge. » Alors vient la ‘situation avec beaucoup d'art, comme on va le voir-par le ‘dé- demande à lan d'interroger le dieu pour savoir le sort de but de la scène. : : |. l'enfant mystérieux qui est présent devant Créuse , sans pou- | n. ".. | voir être reconnu, même par le cœur maternel; mais, en prètre CRÉUSE. respectuèux, Ion refuse de porter à Phébus la demande d'une 2 femme qui vieat de l'offenser par d'injustes suppositions. Créuse sort ,et-ce même lon ne craint pas de dire en présence du chœur : « S'il-arrivait qu'un jour les hommes vous fissent porë Ion. M TE ter la peine de vos violences: et de vos criminelles amours, “ bientôt; Neptune, Apollon: et toi, Jupiter, le roi du ciel, vous seriez contraints de dépouiller vos temples pour payer le prix

Vous-même”qui paraissez sensible à mes pelnes, jeune homme , qui êtes-vous ? Heureuse ne ic qu w vous a sopRe le

jour!

Je suis. le serviteur du dieu , et l'on m'appelle sin, ô

femme: CE ca ÉUSE. : de vos iñjustices, Quand d' indignes passions vous entraînent , : , . °i L] L 2 La ville sn a-trelle donné à lui, ou avez-vous été vendu faut ls LOLDerAUe les mortels y succombent : étlorsque nous .

: imitons vos vices, est-ce donc nous’qui sommes coupables , ou

comme esclave? L : , , omme ION. A NT 7 cgux dout nous suiyons l'exemple et que nous préuons pour

modèles ? » 1I est curieux sans doute d'entendre un prêtre payen : parler des dieux de lx fabie comme un père de l'Église , ou

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