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Dans le reste de la satire, Boileau, en tracant de main de maitre le portrait de l'usurier, s'expose peut-être à revenir sur le portrait de l'avare, qui a de grandes ressemblances avec l'nsurier, comme le prouve si bien celui de Molière qui fait te juif avec sou fils ; mais les vers sont d'un tour si facile, d'une allure si vive, que l'on s'aperçoit à peine du retour des mêmes idées.
On trouve encore dans cette satire une fouie de traits marqués au cachet de la grande poésie , et pourtant sans aucune ambition.
Après cela, docteur, va pâlir sur la Bible;
Va marquer les écueils de cette mer terrible ‘; Perce la sainte horreur de ce livre divin; Confonds dans un ouvrage et Luther et Calvin ; Dcbrouille des vieux temps les querelles célèbres ;
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Éclaircis des rabbins les savantes ténèbres.
Plus loin le poëte ponssant notre espèce à bout par sa pressante argumentation. s'écrie : |
Jamais l’homme, dis-moi, vit-il la bête folle Sacrifier à l'homme, adorer son idole, ‘ Lui venir, comme au dieu des saisons et des vents, Demander à genoux la pluie et le beau temps " ? Non. Mais cent foisla bête a vu l'hommehypocondre, Adorer le métal que lui-même il fit fondre;
À vu dans un pays les timides mortels
.Trembler aux pieds d'un singe assis sur leurs autels;
Et sur les bords du Nil, les peuples imbéciles, L'encensoir à la main, chercher des crocodiles *.
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SATIRE IX
Crest à vous, mon esprit, à qui je veux parler *. Vous avez des défauts que je ne puis céler :
Assez et trop longtemps ma lâche complaisance De vos jeux criminels a nourri l'insolence ;
Mais, puisque vous poussez ma patience à bout, Une fois en ma vie, il faut vous dire tout.
On croiroit , à vous voir, dans vos libres caprices,
‘ Cette image n'est pas d'accord avec les autres : elle fait une tache à côté du beau vers qui la précède.
2 Cette satire est entièrement dans le goût d'Iorace. Despréaux, sous prétexte de censurer ses propres défauts, y tourne adroitement en ridicule une foule d'auteurs qui s'étaient servis des expressions les plus grossières , en critiquant la liberté qu'il s'était duunée de nommer dans ses premières Satires des auteurs encore vivants. Il la composa en 1667; mais il ue la fit imprimer que l'année suivante.
* On a relevé avec trop de sévérité la faute remarquée dans ce vers; la correction exigeuit sans doute :
C'est à vous, mon esprit, que je voudrais parler.
Mais la grâce du langage demandait peut-être la version adoptée par Boileau. 11 préférait le vers plus naturel, avec celle