‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 659 sur 914 · SEXES NE CNE SRE TT NS S ET ET · texte numérisé non relu

SEXES NE CNE SRE TT NS S ET ET

Le dix-sep'ième siècle a vu fleurir auprès de Boileau, ct même au dessus de lui, deux satiriques qui sont peut-être les prerniers du monde. Eu cflet, ni Lucile et Horace, ni Perse

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SRÉTÉTS anne SOS DIX-SE EPTIÈME SIÈCLE.

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et Jnvénäl , ni Regnier ou Roileau, ni Pope ou Voltaire. ui l'infortuné Gilbert, n'unt fait ressortir les vices et les ridicules “de l'homme avec autant d'énergie, de profondeur, de vérité, de naturel, de grâce et de Baieté, que Molière et son ami le bon

La Fontaine. Tous deux sont auteurs de véritables satires, ca- -

chées sous le nom de comédies ou de fables : lesunes jouées sur

. Je théâtre par des acteurs de profession ; ies autres représentées . dans des apologues et par des acteurs muets de leur nature, mais

qui ont recu du génie , avec le don de la parole , les passions et l'esprit de leur superbe maître , auquel ils ont l'audace de ressembler à s'y méprendre. Molière n'a-t-il pas inieux peint l'avare, dans la pièce qui porte ce nom, que ne l'ont fait Perse, Juvénal et mème Boileau, malgré son admirable récit des malheurs et du désastre du lieutenaut criminel Tardieu ?

(x® satire. ; Que sont les plus beaut vers de ces troissatiri jues,

auprès de la scène dans laquelle Harpagon se voit convaincu de ia plus infäme usure devant son propre fils? Où trouver dans leurs peintures les plus vives un aussi effrayant modèle

de la plus détestable des hypucrisics. de celle qui, persounitiés :

sous le nan de Tartuffe . abuse insuletnment de tout ce que les mortels ont de plus saint et sacré ? Quel cst le vice , quel est

le ridicule qne Molière n'ait pas exposé à ia haine ou à la risés. .

pübliques ? Les plaisanteries de Boileau cuntre tous les Cotins de sou temps approchent-elles de la scène du sonnet entre Oronte et le Misanthrope, et surtout de cette querelle si vive et si comique de Vadius avec Trissotin ? Quelle révélation du jeu de l'une des pa:sionx les plus secrètes et les plus violentes de l'homme, que ces deux amours-propres en présence, qui commencent à se caresser par des compliments intéressés, pour descendre a:x plus grossières injures lorsque l'orgueil ea délire déborde également du cœur des deux rivaux !

Et ce La Fontaine , qui met son audace à couvert sous sa bonhomie, et dont la férule cachée n'en fait pas moius de vives blessures, par quelle erreur uu quelle injustice lui refuseraiton le titre de satirique ? Chez lui la famille des flatteurs et des

courtisans a ses repré<entants dans les renards , dont l'un ca-

joie l'amour-propre de monsieur du Corheau, tandis que l'autre cxcuse comme des peccidilles, et vante comme des actes légitimes les moins pardonuabirs offenses de sa majesté Lion, qui s'accuse avec nn repentir hypocrite. Le luup devenu berger présente un autre portrait du trompeur, mais du trompeur maladroit et dupe de ses propres rus:s. S'il médite de confondre l'orgueil et de nous prémunir coutre ses dang:rs, La Fontaine nous le moutre puni au même instant dans le plus fier des auimauz , et dans le plus faible iusecte , qui donne. par sa perte , une lecon à l'insolence des con ;juérants. Vent-on voir revivre au naturel l'orguril, la confiance inébranlable, les grands airs du favori qui fait montre de sa protection et regarde en pitié tout ce qui habite au-des-ous de la région élevée où il défie tous les orages ? le voilà d'après nature dns ia fable du Chêne el du Rosrau. À la fin le superbe favori tombe déraciné cmme le chène, tandis que le faible reste debout parce qu'il plie comme le roseau, ou qu'il est trop près de la terre pour queles grands vents alent quelque prise sur lui. Quelle vive censure de la présomption nous offre la fin prématurée des trois jeunes hommes si fiers de leur long avenir, ctcapatles de railler un vieillard occupé à préparer de l'oinbrage pour ses arrièreneveux ! Et ce qu'il y a d'admirable ici, c'est que l'octogénaire offensé donne des larmes aux trois victimes. Ainsi, dans la mème fable , lecon de respect pour les cheveux blancs, critique d'un défaut trop commun dans la jeunesse , et en même temps pitié pour elle. Boileau , ainsi qne nous l'avons vu, a parlé contre l'ambition en poîte et en moraliste; mais La Fontaine, par un raffinement de l'esprit satirique, a été cher cher le germe du vice de l'ambition dans le cœur d'un berger. Ce pauvre bère n'a vu que son chien , son troupeau et le lonp quelquefois , et tout à coup il accepte , sans hésiter un moment , le difficile emploi de conduire des hommes! Et les pestes de cour, et les emmbarras suscités par elles au nouveau mi-

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