‹ Leçons et modèles de littérature française ancienne et moderne, depuis le Châtelain de Courcy jusqu'à M. de LamartineChapitre 699 sur 914 · RTS DE SIN MN TE SEE NE NE EVE TS · texte numérisé non relu

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Lu oO ‘ de Æ 554 DIX- SEPTIÈME SIÈCLE, . .

e cs un > Tout vous est aquilon, tout me semble zéphyr. | Contre leurs coups épouvantables cl «> Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage | Résisté sans courber le”dos ; cs Dont je couvre le veisinage, Mais atiendons la fin. « Comme il disoit ces mots, -;- 4 Vous n’auriez pas tant à souffrir; Du bout de l'horizon accourt avec furie de 4e Je vous défendrois de l'orage; | Le plus terrible ‘des enfants a ke Mais vous naissez le plus souvent Que le nord eût porté jusque là dans ses flancs. is : Sur les humides bords des royaumes du vent. L'arbre tient bon, le roseau plie. He La nature envers vous me semble bien injuste. Le vent redouble ses efforts, .. æ —Votre compassion, lui répondit l'arbuste, | Et fait si bien qu'il déracine g de Part d'un bon naturel; mais quittez ce souci : Celui de qui la tête au cieï étoit voisine, “ (28) ° , . ° 9 os ob Les vents me sont moins qu’à vous redoutables ; Et dont les pieds touchoient à l'empire des morts". Le . Je plie et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici Le ue ss de e us ® Le f … as cJs “ + . .

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se LA LAÏTIERE ET LE POT AU LAIT. Re ce | > sp E.

su “ie LL a : | | ; : P ERRETTE, sur sa tête ayant un pot au lait, Le récit en farce en fut fait : : of Prétendoit arriver sans encombre à la ville. | + M Légère et court vêtue, elle alloit à grands pas, Quel esprit ne bat la campagne ? “ > Ayant mis, ce jour-là, pour être plus agile, Qui ne fait châteaux en Espagne ? “

Picrochole, Pyrrhus, la laitière , eufin tous,

Cotillon simple et souliers plats.

Autant les sages que les fous.

Notre laitière , ainsi troussée,

a “e de de Comptoit déjà , dans sa pensée, Chacun songe en veillant : iln'est rien de plus doux ; à % Tout le prix de son lait, en employoit l'argent, Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes ; L % Achetoit un cent d'œufs, faisoit triple couvée. Tout le bien du monde est à nous, x a s La chose alloit à bien par son soin diligent. Tous les honneurs , toutes les femmes. . Il m'est, disoit-elle , facile Quand je suis seul, je fais au plus brave un déf ; nn

“ D'élever des poulets autour de ma maison; Je Hétaries je vais détrôner le sophi; a Le renard sera bien habile On m'élit roi, mon peuple m'aime; ce % S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon. Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant : ele + Le porc à s'engraisser coûtera-peu de son ; Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même, L [létoit, quand je l'eus, de grosseur raisonnable ; Je suis Gros-Jean comme devant ?. a : y

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J'aurai, le revendant , de l'argent , bel et bon.

“æ Et qui m'empêchera de mettre en notre étable, ee +. Vu le prix dont il est, une vache et son veau, < La dns Pie une ne pose pie ei se E . ‘ AT able , qu'il regardait comme la plus belle de ses compositions. L) 0 Que je verrai sauter au milieu du troupeau ? Elle est effectivement admirable par le mélange du simple avee

Le Perrette, là-dessus , saute aussi, transportée; le sublime. L'insultante pitié du chêne et son orguell qui sera x 2 Le lait tombe : adieu veau, vache, cochon, couvée. bientôt puni font un heureux contraste avec le ton modeste un si La dame de ces biens, quittant d'un œil marri et les remerciements tant soit peu ironiques du roseau qui u ge Sa fortune ainsi répandue n'est pas la dupe des airs de protecteur que son voisin se sb 7 . + . ? donne. ue

È Va s'excuser à Mn deu Ù ? Cette fable n'a point sa pareille dans l'antiquité , soit pour ‘© cb . En grand danger d'être battue. la vérité de la peinture, soit pour la naïveté de ses détails, soit u: ? Ca" Css

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SD EE EE PO SE ES EEE ÉD RTE EUR SEE DAT BE EE D DR LEE BE SR ER DIX-SEPTIÈME SIÈCLE. 555 LES ANIMAUX MALADES DE LA PESTE.

Us mal qui répand la terreur , Que m'avoient-ils fait ? nulle offense. . Mal que le Ciel, en sa fureur, Même il m'est arrivé quelquefois de manger

Inventa pour punir les crimes de la terre,

. La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom), 4 Capable d'enrichir en un jour l'Achéron, a Faisoit aux animaux la guerre.

“+ Îlsne mouroient pas tous; mais tous étoient frappés: hs On n'en voyoit point d'occupés A chercher le soutien d'une mourante vie; Nul mets n'excitoit leur envie :

2 Ni loups, ni renards n'épiaient La douce et l'innocente proie ; £ Les tourterelles se fayoient ; { .

A Plus d'amour , partant plus de joie.

Ü . . n . e < Le lion tint conseil, et dit : « Mes chers amis, Le Je crois que le Ciel a permis e Pour nos péchés cette infortone.

es Que le plus coupable de nous -G Se sacrifie aux traits du céleste courroux ; + Peut-être il obtiendra la guérison commune. 2. L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents, ce On fait de pareils dévoñments.

“< Ne nousflattons donc point; voyons sans indulgence su L'état de notre conscience.

ns Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons, 2 J'ai dévoré force moutons.

se ns . pour la rapidité de l’action , Qu! court si vite à un dénouement -c imprévu. excite le rire comme une comédie , et n'en renferme <> pas moins une leçon sérieus£. Au lieu de bâtir des châteaux en 2 Espagne, au lieu de faire des rèves aussi chimériques que ceux qui lui sont envoyés par le sommeil, si l’homme ne songeait &: qu'à remplir ses devoirs , à élever sa prtite furtune par le tra- Î “€ vail, ilne perdrait pas un temps qui ne reviendra jamais ; ilne -& s'exposerait pasde gaieté de cœur, lui et les siens, à une ruine “& presque certaine , du moins à des privations. cp Le poêle grec Théocrite a mis dans la bouche d'on pé- > Cheur qui veut corriger son camarade de la manie de croire Æ, aux promesses des songes , cette réflexion judicieuse et parfai- 7 tement cxprimée : « On peut mourir de faim avec des songes d'or. »

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Le berger.

Je me dévoürai donc, s’il le faut ; mais je pense Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi; Car on doit souhaiter , selon toute justice, Que le plus coupable périsse.

—Sire, dit le renard, vous êtes trop bon roi; Vos serupules font voir trop de délicatesse.

Eh bien! manger moutons, canaille, sotte espèce, Est-ce un péché? Non, non. Vous leur fites, seigneur, En les croquant , beaucoup d'honneur, Et quant au berger, l'on peut dire Qu'il étoit digne de tous maux, Étant de ces gens-là qui sur les animaux Se font un chimérique empire. »

Ainsi dit le renard , et flatteurs d’applaudir. On n'osa trop approfondir Du tigre, ni de l'ours, ni des autres puissances, Les moins pardonnables offenses :

Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins, Au dire de chacun, étoient de petits saints.

L'äne vint à son tour , et dit : « J'ai souvenance Qu'en un pré de moines passant, La faim , l'occasion, l'herbe tendre, et, je pense, Quelque diable aussi me poussant, Je tondis de ce pré la largeur de ma langue; Je n'en avois nul droit, puisqu'il faut parler net. « À ces mots, on cria haro sur le baudet.

Un loup, quelque peu clerc, prouva par sa harangue Qu'il falloit dévouer ce maudit animal, Ce pelé, ce galeux, d'où venoit tout le mal.

Sa peccadille fut jugée un cas pendable :

Manger l'herbe d'autrui, quel crime abominahle! Rien que la mort n'étoit capable D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.

Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jusements de cour vous rendront blanc ou noir.

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